Plusieurs lecteurs m’ont déjà demandés de les conseiller en matière de romans. Je pourrai très bien être une personne lisant peu d’oeuvres de fiction, mais ce n’est pas le cas : écrivain de science-fiction amateur, j’adore lire tout comme j’adore écrire, et je dévore de nombreux romans tout au long de l’année.
Comme il faut savoir se détendre, je vais donc vous présenter de temps à autre mes sélections de romans dans différents genres. Je commence par les romans historiques, parce que c’est un genre que j’affectionne particulièrement.
Dans le roman historique, l’écrivain n’invente pas son univers, il le récréé, souvent à partir d’une importante documentation, et tente de retracer l’époque de son aventure de la manière la plus réaliste possible. Souvent il réécrit l’histoire à sa manière en donnant un rôle important, mais jusque là ignoré, aux protagonistes de l’histoire qui sont souvent amenés à côtoyer les grands qui eux ont laissés leur nom. En tout cas ces romans sont souvent l’occasion de parfaire nos connaissances historiques en nous plongeant comme aucun livre universitaire ne peux le faire dans le contexte de l’époque et l’univers mental des êtres humains qui la compose, tout en s’amusant et en vivant milles aventures épiques et péripéties aux milles couleurs.
Voici 10 romans historiques exceptionnels, petits et grands, que j’ai énormément apprécié. Évidemment je ne vous donnerai pas ici de résumé des livres, mais un rapide synopsis suivi d’un commentaire et de mon appréciation. Enjoy !
Récapitulatif de la liste :
- Azteca
- Cent ans de solitude
- Le clan de l’ours des cavernes
- Dieu et nous seuls pouvons
- L’Evangile selon Pilate
- La Guerre et la Paix
- Mémoires d’Hadrien
- Les murailles de feu
- Le nom de la rose
- Quo Vadis ?
En bonus : Montaillou, village Occitan
1 – Azteca, de Gary Jennings, période : début 16ème siècle
Publié en 1981, 1047 pages.
Mixtli, un vieil Aztèque, est interrogé par l’évêque de la Nouvelle Espagne, Juan de Zumárraga, sur ordre de sa Majesté l’Empereur Charles Quin, curieux de connaître l’histoire et les moeurs de ce peuple qu’il a récemment conquis. De bonne grâce, Mixtli commence donc son histoire, qui débute dans une petite ville située non loin de la capitale, Tenochtitlan, où il est né de parents de condition modeste. Il nous raconte, à travers son périple et sa vie qui le verra accomplir une fulgurante ascension sociale, l’apogée et la destruction de la civilisation Aztèque, avec de multiples détails sur de sur les coutumes de son peuple et de ceux alentours, tout comme les détails de leur histoire récente, s’achevant par leur rencontre avec les Espagnols et la guerre qui s’ensuivit.
Critique du livre : ce livre est le seul que je ne pouvais pas lire le soir, alors que j’adore cela en général : j’étais tellement révolté par ce qui arrive à la plupart des protagonistes de l’histoire, tellement pris dans le récit et désireux de connaître la suite que je ne pouvais tout simplement pas fermer l’oeil après avoir refermé le livre. Azteca est d’une violence, d’une sincérité, d’une beauté rare, et il vous emportera complètement dans une société très différente, tout à la fois belle et terrifiante, innovante et croulante sous le poids des traditions, humaine et animale. La vie de Mixtli est peinte d’une telle manière que l’on a vraiment l’impression d’assister à une vie qui s’écoule devant nos yeux au fil des mots, pleine de rêves, d’espoir, d’amour, de sexe, de trahisons, de mensonges, de meurtres, d’ambitions, d’erreurs, de génie, de lucidité et d’aveuglement, de réussites et de déconvenues, une vie vécue lors de l’apogée de l’empire Aztèque, jusqu’à la rencontre avec les Occidentaux et la confrontation fatale avec les conquistadores espagnols.
Un chef d’oeuvre, une merveille, malgré ses scènes de violence et de sexe parfois inutiles et ses ficelles scénaristiques parfois convenues. Il vous emmènera dans un autre monde et vous fera rêver à la grandeur et la chute de l’empire Aztèque, sur les ruines duquel fut bâtit le Mexique moderne.
Points forts :
- Une vie complète et haute en couleur qui s’écoule devant nos yeux
- Violent, beau et sincère
- L’apogée et la chute de l’empire Aztèque
- Fourmillant de détails, chamarré de milles couleurs
Points faibles :
- Des scènes de sexe et de violence parfois inutiles
- Quelques ficelles scénaristiques convenues
Ma note :
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2 – Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez, période : milieu du XIXème siècle à milieu du XXème siècle
Publié en 1965, 460 pages.
José Arcadio Buendia et sa femme – et cousine – Ursula Iguarán, accompagnés de plusieurs familles, fondent le village de Macondo, dans la jungle Colombienne. Ce petit village isolé et loin de tout ne reçoit pour toute visite extérieure que quelques gitans qui reviennent périodiquement, apportant avec eux quelques inventions, jouets et autres merveilles, édifiants les villageois par ces témoignages du monde en marche si loin de leur village. Les familles ont des enfants et tout le village s’agrandit, et des immigrants s’installent, développant l’activité commerciale de Macondo et ses échanges avec l’extérieur. L’histoire se poursuit sur six générations, narrant la naissance, la croissance et le déclin de Macondo, ainsi que les guerres civiles qui minent la Colombie, tout cela saupoudrée d’une magie quotidienne qui apparaît absolument normale aux protagonistes.
Critique du livre : Ce livre est à part des autres de cette liste, car contrairement à ceux-ci il n’est pas conçu afin d’être réaliste historiquement ni même réaliste tout court : il s’agit d’une fresque, d’une épopée, d’un mythe nous narrant un village imaginaire concentrant de nombreux symboles humains universels et d’autres spécifiques à l’histoire de la Colombie naissante. Il s’intègre dans le mouvement du "réalisme magique", car l’univers décrit est à la fois ancré dans la réalité – le lieu et le temps historique sont reconnaissables – et dans l’imaginaire – la magie est omniprésente, les vivants discutent avec les morts, subissent des sorts et des malédictions, etc. Il nous emporte dans un tourbillon incroyable d’évènements et de personnages sur une période d’un siècle – six générations – sur la naissance, la croissance et la décadence de Macondo, de la famille Buendia, des guerres civiles Colombiennes, qui forment une fresque fantastique, haletante et formidable qui ne vous laissera pas indemne. Vous aurez une sensation du temps qui passe comme jamais. Un véritable chef d’oeuvre.
Gabriel Garcia Marquez a reçu le prix Nobel de littérature en 1982 pour l’ensemble de son oeuvre.
Points forts :
- Une fresque magistrale et haletante
- Un tourbillon qui vous emporte
- Mélange de réalisme et de magie
Points faibles:
- De nombreux personnages qui peuvent entretenir une certaine confusion
Ma note :
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3 – Le clan de l’ours des cavernes, de Jean M. Auel, Période : Paléolithique supérieur (préhistoire)
Publié en 1980, 544 pages.
Ayla est une petite fille qui a été séparée de sa mère et de son clan par un tremblement de terre. Recueillie par le clan de l’ours des cavernes, des hommes différents d’elle-même (des Neandertal alors qu’elle est Homo Sapiens), ils vont être surpris par ses dons et ses talents et tout ce qui la distingue d’eux-même : elle est intrépide, veut chasser comme un homme, sait rire et pleurer, éprouve des sentiments inconnus. Pris en grippe par un chef cruel, elle sera exilée, et partira pour un long voyage solitaire au bout duquel elle rencontrera un homme blond aux yeux bleus, comme elle, qui partagera ses aventures.
Critique du livre : Ce livre est le premier d’une longue saga de 5 tomes nommée “Les enfants de la terre”, qui est une des plus passionnantes saga historiques que j’ai eu l’occasion de lire. Et c’est l’un des rares livres qui traite de la préhistoire avec brio et en passionnant le lecteur. Suivre les aventures d’Ayla, puis de son compagnon Jondalar dans les terres sauvages du monde préhistorique, un monde dur et impitoyable où les hommes ne comprennent pas grand chose à ce qui les entoure et doivent se battre pour survivre est une expérience grandiose et haletante qui est également une formidable introduction à la vie aux temps préhistoriques. Car le réalisme historique est présent – l’auteur a fait de nombreuses recherches – même si des périodes de plusieurs millénaires sont mélangées (du Moustérien au Gravettien visiblement, avec des emprunts à des époques aussi avancées que le Mésolithique) et qu’évidemment une grande part est laissée à l’imagination et à la pure aventure romanesque. Mais si vous ne vous êtes jamais intéressé à cette période, ce livre vous introduira d’une fantastique manière au mode de vie des hommes préhistoriques, bien loin des clichés éculés.
Le premier livre est excellent, et les autres sont également de très bonne qualité, avec toutefois un certain essoufflement vers la fin de la saga (tome 5 notamment). Un sixième est prévu depuis de longue années, mais n’a pas été publié pour le moment. Au chapitre des défauts, je trouve que la saga transpire trop un certain féminisme militant (toute les sociétés d’Homo Sapiens décrites sont matriarcales et les hommes y ont une place plus secondaire, notamment parce que ne comprenant pas le mécanisme de la reproduction, chacun croit que l’homme ne fait qu’ouvrir un passage à la Déesse mère dans le ventre de la femme pour lui permettre d’enfanter), et que l’on voit que Jean M. Auel – qui est une femme, contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire – exprime clairement quelques uns de ses fantasmes tout au long du livre – sociétés utopiques malgré quelques transgressions occasionnelles, règne des femmes, héroïne blonde aux yeux bleus au physique parfait, compagne d’un homme musclé blond aux yeux bleus et au physique parfait également, etc – et ne lésine pas sur les sexes de sexe parfois inutiles et répétitives. Néanmoins, ce sont des défauts peu rédhibitoires en regard de la richesse et de la diversité du monde que nous fait découvrir l’auteur, et de la passionnante saga dans laquelle elle nous plonge. A découvrir !
Points forts :
- Aventure prenante et haletante
- Monde préhistorique sauvage et dépaysant
- Personnages attachants
- Excellente introduction au mode de vie des hommes préhistoriques, malgré un mélange de plusieurs périodes
Points faibles :
- Militantisme féministe un peu exacerbé
- Scènes de sexe parfois inutiles et répétitives
- La saga s’essoufle un peu vers la fin, au cinquième tome notamment
Ma note :
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4 – Dieu et nous seuls pouvons, de Michel Folco, Période : essentiellement 17ème et 19ème siècle, avec des incursions aux 12ème et 20ème siècles.
Publié en 1991, 309 pages.
Justinien Trouvé ne commence pas sa vie sous les meilleurs auspices. Abandonné tout bébé devant une abbaye, en 1663, non sans que celui ou celle qui l’a déposé ne lui ait arraché le nez – sans doute pour ne pas se faire reconnaître – il est élevé par une famille d’accueil, avant de s’enfuir à l’adolescence pour éviter une éducation trop rigoureuse dans un monastère. Injustement accusé d’être un brigand, il est condamné à 20 ans de galère. Heureusement pour lui, un assassin coupable d’un horrible crime vient d’être arrêté, et il n’y a pas de bourreau à Bellerocaille – ce métier nécessaire rend celui qui l’exerce presque pestiféré car évité par le reste de la population. On lui propose d’être le bourreau de la ville pour éviter les galères. Il accepte et prend le nom de Justinien Pibrac. Ainsi commence la plus importante lignée des bourreaux de France.
Critique du livre : Ce roman irrévérencieux et sans prétentions est absolument jouissif. Il nous plonge dans la vie d’une famille de bourreaux du 17ème siècle au 20ème siècle, sujet macabre mais traité de manière humoristique et passionnante. Nous sommes à chaque fois immergés dans les époques traitées avec un réalisme aiguisé à la meule – la brève incursion à l’époque féodale est l’une des meilleures que j’ai pu lire sur cette époque, et est hélas bien trop courte – et un humour noir à savourer uniquement si vous avez le coeur bien accroché.
Un excellent et passionnant divertissement, malgré sa construction en deux parties qui je pense nuis quelque peu à la qualité de l’ensemble, et une fin qui laisse sur sa faim – ce livre raconte une histoire sans en raconter une hélas, sans aller véritablement jusqu’au bout.
Points forts :
- Irrévérencieux et jouissif
- Sans prétentions
- Bourré d’humour noir
- Les différentes époques sont excellemment bien décrites – le passage à l’époque féodale est un bijou
Points faibles :
- Construction en deux parties qui nuisent à l’ensemble
- L’auteur aurait pu aller plus loin en poussant à fond chaque histoire, tout cela laisse un peu un goût d’inachevé
- La période féodale aurait pu être traitée plus longuement !
Ma note :
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5 – L’évangile selon Pilate, de Eric-Emmanuel Schmitt, période : 1er siècle
Jésus dans les jardins des Oliviers, à la veille de son arrestation, s’interroge et doute : est-il vraiment le fils de Dieu ? Il retrace sa vie en essayant de comprendre comment il a pu en arriver là. Dans la deuxième partie du roman, c’est Ponce Pilate qui doit faire face à un évènement inexplicable : le corps de celui qu’il a condamné à la crucifixion il y a trois jours a disparu ! Cela agite beaucoup les juifs, et sa femme qui a été séduite par les paroles du prophète croit qu’il a été ressucité. Ponce Pilate mène alors l’enquête et raconte ses péripéties à son frère à travers diverses lettres.
Publié en 2000, 241 pages.
Critique du livre : Bien que athée à 150%, j’aime lire des romans approchant Jésus différemment des évangiles (voir par exemple l’uchronie de Roger Caillois, Ponce Pilate, dans laquelle celui-ci décide de relâcher Jésus plutôt que de le crucifier) comme j’aime lire des variations sur les mythologies grecques. Cette variante, très intéressante et extrêmement bien écrite, plutôt pro-chrétienne mais pouvant s’interpréter différemment, présente Jésus comme un messie malgré lui, un messie qui s’ignore et qui découvre petit à petit des signes indiquant qu’il est le fils de Dieu, et subit également beaucoup de pressions de son entourage dans ce sens, mais n’a jamais de preuves formelles. Ainsi jusqu’à la fin, il doute. L’intérêt de ce roman, outre cette approche originale, réside dans le style d’écriture magnifique de l’auteur, qui nous offre un roman riche, humain, accessible et rempli d’humour et d’émotions. Il se lit vraiment avec plaisir quelque soit sa religion – ou sa non-religion
.
Points forts :
- Approche originale
- Construction en deux parties bien réalisée
- Deux parties très contrastées dans leur style
- Style d’écriture éblouissant
Points faibles :
- Il manque quelque chose pour en faire un chef-d’oeuvre
Ma note :
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6 – La Guerre et la Paix, de Léon Tolstoï, période : début du 19ème siècle
Ce roman retrace la vie de nombreux protagonistes, russes pour la plupart, dans la Russie de 1805 à 1820, en se concentrant particulièrement sur les relations franco-russes et les guerres Napoléoniennes, avec trois périodes majeures : la guerre de la troisième coalition, en 1805, la paix de Tilsitt et l’alliance franco-russe, en 1807, et la campagne de Russie en 1812 qui verra la débâcle de la grande armée et le début de la chute de Napoléon. Nous suivons pendant ces évènements, et aussi entre eux, de nombreux personnages, mais avant tout Pierre Bézoukhov, André Bolkonsky et les Rostov. C’est un livre difficile à résumer étant donné sa taille et sa complexité.
1023 pages (premier tome) et 1055 pages (deuxième tome), publié entre 1865 et 1869.
Critique du livre : 2078 pages pour les deux tomes de l’édition Folio (l’une des meilleures, avec l’une des meilleures traductions disponibles). Ce livre est l’idée même que ce que de nombreuses personnes se font du pavé. Mais quel pavé ! Ce roman est parsemé de descriptions psychologiques des protagonistes extrêmement précises et belles, et de leur langage corporel jusqu’aux plus infimes haussement de sourcils et de la manière dont il influe sur les situations , et de leurs états d’âme si précisément révélés que l’on a l’impression de se trouver dans la tête des personnages. C’est la première fois que je rencontre une telle pertinence, une telle véracité humaine des descriptions psychologiques et sociales dans un roman. Après avoir lu cela, on a l’impression de comprendre un peu mieux l’humanité. Et le réalisme et la richesse des détails, l’impuissance des personnages jusqu’aux plus grands à dépasser cette réalité qui les dépassent nous plongent avec délices dans cette épopée grandiose que vous mettrez des semaines et des semaines à lire, mais que vous ne pourrez vous empêcher de dévorer page après page. Les théories fatalistes que développent Léon Tolstoï dans le deuxième tome, dans lesquelles il argumente sur le déterminisme de l’histoire et le peu d’influence qu’à le libre arbitre et la volonté humaine, même des plus puissants, sont de plus du plus grand intérêt. Un chef d’oeuvre, un véritable chef d’oeuvre qui mérite à juste titre sa place dans le panthéon des meilleurs romans de tous les temps.
Points forts :
- Réalisme et richesse des détails incomparable
- Descriptions psychologiques des états d’âme des protagonistes d’une puissance et d’une clarté dont je ne connais pas d’égal
- Les guerres Napoléoniennes du point de vue Russe
- Haletant et entraînant, vous dévorerez ces plus de 2000 pages de bout en bout !
Points faibles :
- De nombreux personnages qui rendent difficiles la compréhension au début
- Long, très long… mais personnellement j’en redemande !
Ma note :
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7 – Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar, période : 1er et 2ème siècle
Au crépuscule de sa vie, l’empereur romain Hadrien écrit à son petit-fils Marc-Aurèle une lettre dans laquelle il porte un regard curieux sur sa vie, tente d’en comprendre le sens, les lignes directrices, afin de savoir s’il a réussit conformément à ce qu’il voulait, en se jugeant parfois sévèrement. Il réfléchit aux grandes choses de l’existence humaine, le pouvoir, l’amour, la destinée, la vieillesse et le déclin, à travers le prisme de sa propre vie et la mort prématurée de son grand amour, Antinoüs, qu’il a déifié et dont il a fait ériger des statues dans tout l’empire, et qui fut la plus grande souffrance de son existence, la croix qu’il dû porter jusque la fin.
Publié en 1951, 364 pages.
Critique du livre : “Les dieux n’étant plus et le Christ n’étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l’homme seul a été.” Voici la phrase de Flaubert qui a incité Marguerite Yourcenar a écrire ce texte qu’elle avait abandonné depuis de nombreuses années. Il diffère des autres par son point de vue unique, une introspection psychologique profonde et bouleversante, servie par un style magnifique qui en fait une oeuvre poétique, et une érudition qui rend incroyablement véridique chaque détail, chaque coin de souvenir dévoilé, un ensemble qui sert de prétexte à une réflexion philosophique universelle sur des thèmes qui nous affectent tous.
C’est un livre exigeant, un peu mystérieux, difficile à percer, qui s’apprécie en connaisseur, qui se lit et se relit, et se savoure lentement à chaque page comme un recueil de poème, comme un livre de philosophie, pour en apprécier à la fois la beauté de la forme et la profondeur du fond.
Points forts :
-
Introspection philosophique d’un empereur Romain, criante de vérité
-
Une prose si belle qu’elle en devient poétique
-
Réflexion philosophique sur les thèmes majeurs de l’humanité
-
Erudition de l’auteur qui fait revivre pour nous cette tranche de vie d’un homme dans l’Empire Romain
-
Biographie partielle et romancée de l’empereur Hadrien, mais irréprochable en regard des sources historiques
Points faibles :
-
Difficile d’accès, de par la lenteur de son déroulement et le point de vue choisi
-
Réservé aux courageux, aux connaisseurs ou aux passionnés d’histoire ou de littérature
Ma note :
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8 – Les murailles de feu, de Steven Pressfield, période : 4ème siècle avant JC
Début du 4 ème siècle avant JC. Xeones, dont la cité a été pillée par des Grecs, intègre Sparte comme hilote, un servant de ces glorieux soldats. Xerxès, le roi de Perse, avide de conquérir cette Grèce qui est comme un furoncle dans le corps parfait de son royaume, lève une armée d’une centaine de milliers d’hommes pour enfin conquérir l’ennemi honni. Les Grecs doivent s’unir pour affronter les envahisseurs, mais le temps manque. Le roi de Sparte, Léonidas, choisi les 300 meilleurs hoplites de la ville, et accompagnés de quelques milliers d’alliés, se porte au passage des Thermopyles pour barrer la route aux troupes de Xerxès. 7000 hommes contre plusieurs centaines de milliers. Et 300 spartiates déterminés à mourir pour sauver leur patrie. Nous vivons cette bataille et la résistance héroïque des Spartiates à travers les yeux de Xeones, qui mortellement blessé dans la bataille a été recueillis par les Perses et soigné, et dicte ses mémoires au scribe du roi.
Publié en 1998, 473 pages.
Critique du livre : La fameuse bataille des Thermopyles, racontée de la manière la plus réaliste possible, bien loin du monde semi-fantastique du film et de la BD Les 300. Nous y découvrons la cité de Sparte de l’intérieur, avec ses soldats dévoués corps et âme, des élites qui pourront apparaître comme de fanatiques produits d’un système coercitif extraordinaire ou comme des combattants valeureux prêts à mourir pour leur patrie, selon votre point de vue. Le récit de la bataille des Thermopyles est parfait, on sent la force et la cohésion des hoplites les boucliers contre les cuirasses, les lances qui percent les ennemis et se cassent, les corps qui ploient et se déchirent, la masse des cadavres qui s’amoncellent. Un grand moment de lecture.
L’histoire met cependant du temps à se mettre en route, et il y a certaines longueurs, dues aux états d’âme du narrateur et à sa triste histoire… mais cela est largement compensé par la description rigoureuse de Sparte et la magnificence de la bataille. A lire.
Points forts :
- Description rigoureuse et réaliste du mode de vie des Spartiates
- Bataille des Thermopyles épique et magnifiquement décrite
- Infiniment mieux que Les 300
Points faibles :
- Un peu long à se mettre en route
- Certains passages un peu longuets
- Une énorme coquille sur la couverture : 48 avant JC au lieu de 480 avant JC…
Ma note :
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9 – Le nom de la rose, de Umberto Eco, période : début du 14ème siècle
1327. Guillaume de Baskerville, ancien inquisiteur, se rend dans une abbaye bénédictine avec son novice Adso. A peine arrivé, l’abbé lui demande d’enquêter sur une mort suspecte d’un des moines. Ce qui semble être un suicide prend de plus en plus une allure de meurtre. L’ambiance est tendue, et cela ne s’arrange pas quand l’inquisiteur dominicain Bernado Gui arrive à son tour à l’abbaye et se mêle de l’enquête : il représente le pouvoir du pape, qui est favorable au clergé séculier (évêques et prêtres) et s’oppose à l’abbé qui défend l’empereur, favorable au clergé régulier (moines, dont les bénédictins dont fait partie l’abbé). De plus Bernado Gui est l’ennemi de Guillaume de Baskerville, qu’il a déjà accusé d’hérésie, sans succès, de part le passé. L’enquête ne commence donc pas sous un jour des plus favorables, d’autant plus que d’autres morts s’ajoutent bientôt à la première…
Publié en 1980, 640 pages.
Critique du livre : Ce livre est un chef d’oeuvre d’érudition et de mélange des genres. Il tient à la fois du polar, du roman historique, de l’initiation à la philosophie du bas Moyen-Age et du manifeste de la raison contre l’obscurantisme religieux. Il réussit le pari très audacieux de nous plonger dans un monde complexe, étranger et à priori rébarbatif sans jamais nous ennuyer bien au contraire : le rythme est celui d’un roman policier, avec un suspens et des rebondissements, et des clés qu’il faut trouver et comprendre et qui nous font ensuite voir le récit entier sous un autre jour, le tout dans un huit clos qui renforce le coté dramatique du récit, servi par des descriptions psychologiques extrêmement fines des personnages. C’est un roman extrêmement profond, qui peut se lire à différents niveaux de lecture, et dont même la lecture à son niveau le plus superficiel est agréable et passionnante ! C’est sans doute ce qui explique son succès pour une oeuvre aussi dense et intelligente, avec ses 16 millions d’exemplaires vendus et traduits en 26 langues. Parmi les niveaux de lecture plus profonds du livre, on pourra noter l’introduction à la philosophie médiévale, au contexte politique complexe de l’époque, à l’ésotérisme, au symbolisme et à la sémiotique. Vous pouvez passer des jours et des jours sur cette oeuvre et en retirer des des interprétations et des enseignements à chaque fois différents.
La seule critique que je pourrai adresser à ce livre est de taille : les nombreux passages en latin non traduits, qu’il ne reste plus qu’à sauter avec un sentiment de frustration. Cet élitisme me semble tellement archaïque que je n’en reviens toujours pas : qui aujourd’hui maîtrise suffisamment le latin pour s’en coltiner des pages entières et les comprendre ? 1% de la population ? Que les éditeurs persistent à publier des éditions dénuées de toute traduction de ces passages m’énerve, je doit le dire, au plus haut point. Heureusement grâce à Internet, ce problème est en partie résolu, vous pouvez notamment trouver une traduction de ces passages sur Nomina Nuda Tenemus (seuls l’introduction et le premier chapitre sont traduits pour le moment, mais l’auteur du site promet de tout fournir d’ici la fin 2009).
Le film éponyme tiré du livre, réalisé par Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery qui joue parfaitement le rôle de Guillaume de Baskerville, est une bonne adaptation, mais insistant avant tout sur l’intrigue policière. C’est normal, étant donné la densité de l’oeuvre, il y a sans doute de quoi faire une dizaine de films racontant la même histoire à chaque fois de manière différente !
Points forts :
- Intrigue policière prenante et haletante
- Riche environnement mis en place et décris dans un luxe de détails
- Introduction à la philosophie du Moyen-âge et à la sémiotique
- Roman profond aux multiples niveaux de lecture
Points faibles :
- Dense
- Peut sembler ardu
- De nombreux passages en Latin non traduits, ce qui me semble être un élitisme archaïque inexcusable
Ma note :
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10 – Quo Vadis ?, de Henryk Sienkiewicz, période : 1er siècle
Rome, sous le règne de Néron. Marcus Vinicius est tribun militaire et un patricien, appartenant à la classe aisée des aristocrates. Récemment revenu à Rome, il fait la connaissance de Ligia, une femme merveilleusement belle, fille d’un roi Lygien, envoyée à Rome en otage sous la garde de Pomponia Graecina, et dont il tombe amoureux. Il demande à son oncle Pétrone, gouverneur de Bithynie et arbitre des élégances de le conseiller et l’aider à faire en sorte de la prendre pour femme. Ce que Marcus ne sait pas, c’est que Ligia est chrétienne, et que très bientôt, sous les coups de folie de Néron, il ne fera plus bon être chrétien à Rome…
Publié en 1895, 600 pages.
Critique du livre : Ce livre vous plonge comme aucun autre dans la Rome antique du 1er siècle, en nous contant une belle histoire d’amour sous le règne de Néron le despote et dans les affres de la constitution des premières communautés chrétiennes et de leurs persécutions. Henryk Sienkiewicz a fait de nombreuses recherches et la Rome qu’il décrit est la plus fidèle possible à la réalité historique, qu’il nous dévoile par milles détails sur les moeurs et la vie quotidienne des Romains de cette époque. Les personnages fictifs côtoient les personnages historiques, dont certains célèbres, comme Sénèque (dont vous pouvez lire un extrait de son livre De la brièveté de la vie dans ce test de vitesse de lecture), Néron, Pétrone, bien qu’il soit difficile de séparer les faits de la fiction pour ce dernier. Le roman est ouvertement pro-chrétien, mais cela ne gênera pas le lecteur athée ou non chrétien, qui pourra l’interpréter comme une description historique des constituions des premières communautés chrétiennes et de la manière dont elles se percevaient et percevaient leur foi. En tout cas le récit est palpitant, haletant même, riche de détails, et avec des personnages magnifiquement décrits dont le moindre n’est pas Pétrone, qui constitue à lui seul une histoire dans l’histoire et dont la fin est une des plus belles qu’il m’ait été donné de lire pour un personnage secondaire. C’est un roman épique, sanglant et beau, un péplum avant l’heure qui a sans doute inspiré l’instauration de ce genre cinématographique.
Son seul défaut est d’être de son temps (fin XIXème) et d’être ainsi un peu trop pro-chrétien et un peu trop prude : les scènes de sexe sont esquissées, à peine sous-entendues. Mais ce n’est qu’un défaut mineur qui ne vous empêchera pas de goûter à son souffle épique et aux tragiques et grandioses destins de ses personnages.
L’auteur a reçu le prix Nobel de littérature en 1905 pour l’ensemble de son œuvre.
Points forts :
- Nous plonge dans la Rome du 1er siècle comme aucun autre
- Epique, sanglant et tragique
- Personnages magnifiquement posés aux destins fascinants
Points faibles :
- Trop pro-chrétien
- Un peu trop prude (mais de son temps)
Ma note :
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En bonus : Montaillou, village Occitan, de Emmanuel Le Roy Ladurie, période : début du 14ème siècle
Haute Ariège, 1320. Montaillou, petit village montagnard, est le dernier bastion de résistance des derniers Cathares. Plus pour longtemps, car l’impitoyable évêque de Pamiers Jacques Fournier, qui deviendra plus tard pape en Avignon sous le nom de Benoit XII, assiste les inquisiteurs en interrogeant un à un tous les villageois raflés, les poussant à dévoiler de nombreux détails de leur vie quotidienne afin de détecter en eux l’hérésie.
Publié en 1975, 640 pages.
Critique du livre : Contrairement à tous les autres, ce livre n’est pas un roman historique mais son inverse: un livre d’histoire raconté de telle manière qu’il peut se lire – presque – comme un roman. Emmanuel Le Roy Ladurie, grand historien et ancien professeur du Collège de France, s’est servi du registre d’inquisition de Jacques Fournier – qui a interrogé presque tous les habitants de ce petit village de l’Ariège du 14ème siècle à un niveau de détail jamais atteint par les autres inquisiteurs – pour reconstituer dans le détail la vie quotidienne de ses habitants. Et c’est fantastique. Au fil des pages, vous plongerez dans un monde si près de nous et en même temps si lointain, vous ferez la connaissance de gens simples qui ont véritablement existés et dont certains pourraient très bien être parmi vos ancêtres… L’histoire – tout comme la science-fiction – a ceci de merveilleux qu’elle peut nous plonger dans des sociétés où les normes et les mœurs sont si différentes des nôtres, tout en paraissant la notion même de normalité à ceux qui la vive, qu’elle nous permet de prendre du recul sur notre propre société, nos propres mœurs et nos propres normes.
Et ce livre d’histoire le fait comme aucun autre, en s’attachant à une analyse micro-historique qui rend ces personnages si lointains et si vieux tellement proches de nous, car leur rendant leur statut d’humain. Découvrez les humeurs, les croyances, les traitrises, les histoires d’amour de ses villageois, qui se sont toutes réellement passées. Découvrez qu’à l’époque, les parasites étant partout, chacun se faisait épouiller tous les jours par son voisin ou sa voisine et que cela était un grand moment de vie sociale et d’échanges, dont l’auteur déplore la disparition. Découvrez le pouvoir qu’avait le prêtre sur son village, la rareté des livres, les métiers pratiqués, les contacts avec les Sarrazins de l’Espagne proche, les milles et unes manières que l’on avait d’avoir une vie heureuse dans l’Ancien Régime, le tout sur fond de la dernière estocade de l’Eglise catholique de Rome contre les hérétiques Cathares. Un chef d’oeuvre, qui saura vous rendre l’Histoire humaine et passionnante.
A noter que l’époque décrite par le livre est très proche de celle de Le nom de la Rose : Jacques Fournier l’inquisiteur deviendra pape juste après Jean XXII, qui est le pape décrit dans le roman (mais les lieux diffèrent).
Points forts :
- Un livre d’histoire qui se lit comme un roman
- Description précise de la vie quotidienne de dizaines de personnes modestes ayant réellement existées
- Reconstitution anthropologique passionnante de la vie quotidienne du village de Montaillou (qui existe toujours)
- Vous réconciliera avec l’Histoire !
Points faibles :
- Si vous êtes vraiment réfractaire à l’Histoire, il est possible que vous n’accrochiez pas
Ma note :
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Lire plus de commentaires sur Montaillou, village occitan sur Amazon.
Voilà, je pense que vous avez de quoi lire si le genre vous intéresse
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Et vous ? Quels sont vos romans historiques favoris ? Faites-en nous part dans les commentaires
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on juil 12th, 2009 at 9:16
Quelle liste formidable!
Mention spéciale pour Montaillou, livre finalement peu connu et absolument remarquable, qui en plus de ce que tu mentionnes dans ta critique a aussi le grand mérite de faire mieux connaître les Cathares, à propos desquels notre savoir est souvent limité à la croisade et à quelques idées reçues.
J’adhère par ailleurs à l’idée qu’en observant des moeurs aussi éloignées des nôtres, on peut rpendre du recul et réfléchir à cs dernières. C’est sans doute une opportunité qu’on devrait saisir à chaque fois qu’on croise la différence.
on juil 12th, 2009 at 9:59
Merci beaucoup, belle sélection, vraiment.
on juil 12th, 2009 at 19:13
Je ne connais pas les livres de ta sélection, en revanche je soumets un roman historique dont je me suis délecté : Création, de Gore Vidal. A lire.
on juil 13th, 2009 at 0:22
Excellent, je cherchais des romans, me voilà avec une liste alléchante.
Good job !
on juil 17th, 2009 at 10:54
Connaissez vous Ken Follett qui a écrit notamment les piliers de la terre et un monde sans fin ?
on juil 18th, 2009 at 0:20
Liste intéressante.
Si je peux me permettre, j’ai lu et adoré récemment la saga historique « Les rois maudits » de Maurice Druon.
Je la conseille donc fortement (à moins que tu ne l’aies déjà lue et classé après la 10e place!)
Et félicitations pour ce blog en général!
on juil 19th, 2009 at 14:08
Très instructif!!!
Mais, avez-vous lu les œuvres de l’écrivain libanais Amin MAALOUF?
Samarcande, Leon l’Africain (époustouflants), Les Échelles du Levant, Le Rocher de Tanios…
Les œuvres de Gilbert SINOUE: Le livre de Saphir (qui a plusieurs points en commun avec Le Nom de la rose d’Umberto UCO), Avicenne…. J’espère que vous les lirez bientôt et m’enverrez votre impression.
Bon Courage!
on juil 19th, 2009 at 15:15
Merci beaucoup pour cet article si intéressant… Je lis peu de romans historiques, mais j’ai beaucoup aimé Cent ans de solitude, Le nom de la rose et Montaillou village occitan, qui se lit fort bien et tient en haleine, même si ce n’est pas un roman !
on juil 21st, 2009 at 16:47
Je viens de lire votre email, puis cet article avec beaucoup d’intérêt. C’est un genre que je connais assez mal mais qui m’attire et je note au passage quelques références… dont certaines que je connaissais mais que votre analyse rend un peu plus attractives. J’ai beaucoup apprécié le livre de Michel Folco, lu l’an dernier je crois. J’essaierai de penser à faire un lien vers cet article lors de mon prochain article sur un roman historique.
on juil 23rd, 2009 at 9:51
Bravo pour cet excellent choix et ces pertinentes critiques.
Je vais maintenant découvrir ceux que je n’ai pas lus !
on juil 28th, 2009 at 16:41
Woa, voila une sacré liste de livre intéressant.
Si j’avais devant 4 mois de vie supplémentaire, je pense que je les lirai tous.
J’ai bien aimé ta critique de l’évangile selon Pilate. Livre que j’ai lu et apprécié même si ma démarche de lecture était différente de la tienne.
Sur ta liste de livre, j’ai flashé sur « cent ans de solitude ». L’aspect développement d’une communauté qui entre en expansion pour inévitablement entrer dans une phase de déclin… Et d’ailleurs, qu’en est il de notre société actuelle?
on août 1st, 2009 at 16:54
Merci à tous pour vos commentaires, et vos suggestions de lecture
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on août 13th, 2009 at 17:52
Je peux recommander pour ceux qui s’interessent au Japon féodal :
- « La pierre et le sable » (1er tome) et « La parfaite lumière » (2eme tome) et Eiji Yoshikawa qui retrace la vie du samourai Musashi.
- « Shogun » de James Clavell
on août 13th, 2009 at 19:07
Salut Fabrice,
Il s’agit de « La pierre et le sabre » et non pas « La pierre et le sable », non pas que je connaissais mais c’est la recherche amazon qui me l’a appris.
Miyamoto Musashi est une vraie référence du japon médiéval et est l’auteur du non moins connu traité des 5 roues …
Attention néanmoins car d’apr_s les commentaires ce cycle de 2 livres retrace certes sa vie mais reste un roman et non l’histoire stricte de sa vie.
J’ai bien envie de les lire maintenant, c’est malin lol
on août 15th, 2009 at 9:28
Faute de frappe. Désolé.
Les romans sur Musashi reprennent les étapes les plus importantes de sa vie. Il reste peu de traces officielles de la vie du samourai et le roman a été publié dans un quotidien dans les années 30 pour (re)donner de la fierté au peuple japonais, ce qui donne une version plus romancée de sa (possible) vie.
Il y a aussi « Harpoon » de C.W. Nicol à la fin de l’ère des samourais mais c’est aussi très romancé (genre aventure).
En tout cas, l’ensemble de ces livres donne une belle immersion du Japon et de son histoire.
on août 15th, 2009 at 11:16
Allez j’ai commandé les 2 volumes et on verra ce que ça donne 1400 pages après …
on août 26th, 2009 at 20:17
Bonjour,
Fabrice (cf son message du 13 août) m’a doublé: je voulais aussi parler de « La pierre et le sabre ». Il faut ajouter que ce roman pourrait intéresser les lecteurs de ce site magnifique en particulier parce que c’est avant tout un véritable roman… de la proactivité ! On suit un jeune voyou qui terrorise tout le monde dans son village au début du roman et puis qui décide du jour au lendemain de devenir le plus grand maître samourai qui ait jamais existé. Bien entendu il y arrive mais au prix d’une discipline de fer dictée par la « voie du sabre » (qui n’est pas sans rappeler la Force dans Star Wars d’ailleurs).
C’est aussi un excellent roman historique et d’aventure, écrit d’une façon très fluide.
Merci Olivier pour le site.
on oct 6th, 2009 at 22:39
Bonjour et merci Olivier pour cette magnifique sélection de romans !
J’ai prévu d’acheter dans les mois à venir les romans cités, sauf Le Nom de la Rose, que j’affectionne tout particulièrement… puisque je suis l’auteur du site http://nomina.nuda.tenemus.free.fr mentionné dans la critique !
Le Nom de la Rose est vraiment un roman extraordinaire… Cela dit, j’avoue avoir mis du temps à comprendre la démarche d’Umberto Eco, de laisser tant de « travail » à ses lecteurs à la lecture de ses romans ! Quoiqu’aujourd’hui, avec l’Internet, il n’est pas si difficile de trouver des réponses quasi-immédiates à ses questions…
Bonne lecture à toutes et à tous, quoi que vous ayez à lire !!!
Amicalement, Pascal.
PS : Ah oui… au fait… je n’aurai pas fini (du tout) mon site pour la fin de l’année 2009 – faute de temps. Mais l’important est de ne pas s’arrêter, quitte à avancer doucement. D’ailleurs, je pense que le site dans son état actuel peu déjà être bien utile, et peu même -pourquoi pas- donner envie au lecteur du Nom de la Rose de continuer le roman en prenant à sa « charge » les investigations que je n’ai pas encore eu le temps de mener.
on oct 7th, 2009 at 20:25
Merci Pascal pour ton commentaire, heureux de te retrouver ici, et que ma liste t’ai permis de découvrir des livres intéressants
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Effectivement, l’important est de ne pas s’arrêter, ton site est déjà fort utile et j’espère que tu auras le temps de le faire évoluer petit à petit… Quand il sera terminé je relirai Le Nom de la Rose
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on fév 3rd, 2010 at 14:07
Merci pour cette liste, je cours dans la librairie la plus proche dès cet après-midi.
J’ai pour ma Part, dévoré « la mort est mon métier » de Robert Merle. Excellente explication de comment on devient le « créateur » de la machine à Tuer d’Auschwitz.
on mar 11th, 2010 at 20:36
Merci de l’article ! Même si le style de Tolstoï est plus ample, Stendhal et Tolstoï ont le même idéal quant au style d’écriture : selon eux,il faut coller au plus près à la description des choses / savoir les faire deviner sans forcément les nommer / perfectionner son style signifie l’épurer, l’alléger de tout effet superficiel.( http://bit.ly/bEKcvD pour mon avis complet) ++ Greg
on avr 1st, 2010 at 18:36
Aussi de Robert Merle la saga de « Fortune de France » qui se déroule pendant les guerres de religions, passionant et superbement écrit. 13 tomes et dans les 6000 pages!
on mai 18th, 2010 at 0:48
grande dévoreuse de romans historiques et de l’histoire des religions je vous recommande fortement
-l’oracle de la luna de frederic lenoir (magnifique livre ).
-tout à fait d’accord avec jm sur la saga de « fortune de france », j’ai également apprécié la suite écrite il y a peu par son fils – l’avers et le revers, ce livre reprend un passage de l’histoire sans vouloir imiter le père, ce qui est totalement impossible car son écriture est unique.
-les pilliers de la terres de ken follet
la chambre des dames de jeanne bourin
et pour découvrir les coutumes de nos ancêtres je vous recommande -ainsi vivaient nos ancêtres de jean-louis beaucarnot ( bien qu’il soit difficile à trouver)
on juil 23rd, 2010 at 23:58
J’ai moi aussi beaucoup aimé L’évangile selon Pilate (même si je suis d’accord avec toi qu’il manque un petit quelque chose pour que ce soit vraiment inoubliable). Le nom de la rose est effectivement un pur chef d’oeuvre, il est certes un peu ardu, cela dit l’absence de traduction des citations latine ne m’a pas choqué plus que ça: en vérité, je ne suis même pas certain que je les aurais consultées). Les mémoires d’Hadrien m’ont beaucoup plus sur le coup, mais au finale j’en garde très peu de souvenir: c’est un peu « froid » à mon goût. Quant à Azteca, je n’ai pas vraiment accroché: il y a beaucoup de qualités, mais les nombreuses scènes de sexe (le plus souvent illicite: tournante, inceste…) m’ont agacé, et il manque un petit talent narratif à la Ken Follett (les Piliers de la Terre) pour qu’il y ait un vrai plaisir de lecture: au final, j’ai abandoné à la moitié. Tu m’as en tout cas donné envie de lire Auel et Folco. Ton article est très intéresssant, bravo!