juin
La voie du Kaizen
Un petit pas peut changer votre vie
Phrase-résumée du livre :
Qu’il s’agisse de perdre du poids, de nous guérir d’une addiction, de développer notre carrière, nous avons tendance à penser que seul un changement radical, rapide et spectaculaire peut nous y aider. Cependant, les premiers moments d’euphorie passés, nous sommes vite découragés en pensant à tout ce qui nous attend pour atteindre notre objectif, or, il existe une méthode simple qui consiste à se fixer des objectifs modestes et progressifs : c’est le Kaizen, qui a permis au Japon ravagé de 1945 de se relever et de devenir la puissance mondiale d’aujourd’hui.
de Robert Maurer, 2006, 175 pages
Note : Cette chronique invitée a été écrite par Sylviane du blog SOS Stress, qui vous aide réduire votre stress… et à profiter de la vie !
Chronique du livre :
Je dois vous dire que ce livre est absolument révolutionnaire. Malheureusement peu connue en France, la méthode que vous allez découvrir a permis au Japon de devenir le pays florissant que nous connaissons tous. On pourrait la résumer par ces paroles de Lao-Tseu : ”Même un voyage de mille kilomètres commence par un premier pas”.
Toute sa vie, l’auteur, psychiatre de renom, a cherché à savoir : comment les gens avaient-ils du succès et comment ils le gardaient ?
Il s’est vite rendu compte qu’il existait deux voies pour l’atteindre ; la première appelée la stratégie d’innovation et l’autre le kaizen. Commençons par la première :
LA STRATÉGIE D’INNOVATION
Quand on veut changer une situation dans sa vie, on va se tourner vers une méthode rapide, nouvelle et spectaculaire. C’est la stratégie d’innovation (vocabulaire employé dans les écoles de commerce) qui, comme son nom l’indique, sera une stratégie totalement nouvelle. Quelque chose que nous n’avons pas encore essayé mais dont nous attendons tout.
Cette stratégie peut réussir grâce à une volonté sans failles et certaines personnes ont perdu définitivement leurs kg ou ont réussi à arrêter de fumer grâce à elle. Malheureusement, ils ne représentent qu’une minorité et la grosse majorité des gens échoue lamentablement pour avoir sous-estimé, ou ignoré, les énormes contraintes de leurs objectifs. Cet échec peut avoir des résultats psychologiques absolument dévastateurs car, la personne se retrouve à son point de départ, avec le sentiment de ne pas avoir été capable d’atteindre son objectif. Et c’est un cercle vicieux. La personne se fixe de nouveaux objectifs avec les mêmes paramètres d’exigences et rate encore une fois. Jusqu’à la prochaine. En culpabilisant un peu plus à chaque fois
Il existe cependant une méthode simple et diamétralement opposée à la précédente à laquelle nous pouvons recourir pour effectuer tout changement : LE KAIZEN
D’OU VIENT LE KAIZEN ?
La 2e guerre mondiale faisait rage dans une Europe pratiquement entièrement occupée par les troupes nazies. Pour la libérer, les américains se rendirent vite compte qu’ils allaient avoir besoin de beaucoup de matériel. Or, pas question de construire de nouvelles usines, ils n’avaient ni le temps, ni l’argent. Alors que faire ? C’est souvent, dans les moments de grands périls que l’homme trouve des solutions auxquelles il n’aurait probablement pas pensé en temps normal.
Les Etats-Unis lancèrent alors le TWI (Training Within Industries) qui possédait en germe ce qui allait devenir le KAIZEN et dont le plus ardent défenseur, était le statisticien américain le Dr. Edward Deming.
La méthode était (et est toujours) simple mais révolutionnaire : tous les employés de l’entreprise concernée (à tous les niveaux : du personnel d’entretien au PDG en passant par tous les ouvriers ou cadres), devaient désormais s’employer à trouver la plus petite chose capable d’améliorer la productivité de leur usine . La méthode en déconcerta plus d’un sans aucun doute. On peut même dire que beaucoup pensaient que c’était du temps perdu, néanmoins, elle contribua incontestablement à la victoire des Alliés.
Lorsque le Japon se retrouva pratiquement détruit en 1945, le Général MacArthur introduisit cette philosophie “des petits pas” pour reconstruire le pays. Pour rendre les industries japonaises compétitives, l’US AIR FORCE proposa donc une formation baptisée MTP (Management Training Program) égale à celle défendue par le Dr. Deming . Ce fut un succès total et les japonais s’y inscrivirent en masse. Ils étaient conscients que leur déroute se devait, en grande partie, à la supériorité technologique américaine. Lorsque les théories du Dr. Deming furent abandonnées aux USA, le Japon avait déjà totalement intégré le concept dans sa culture et il continue toujours à l’appliquer avec le succès que nous savons. Ils donnèrent alors un nom japonais au concept du Dr. Deming : le KAIZEN
Le KAI ZEN est formé de deux mots KAI qui signifie CHANGEMENT et ZEN qui veut dire BON. Un changement bon. KAI-ZEN
Abandonné après la guerre aux Etats-Unis, le kaizen y a refait surface dans les années 1980 mais surtout dans le milieu des hautes technologies. C’est là que l’auteur en entendit parler pour la première fois et commença à l’employer dans le cadre de son travail thérapeutique.
Le livre nous dévoile les secrets de la réussite de cette méthode qui tiennent en peu de mots :
de petits pas nous rapprocheront plus sûrement de notre objectif final en posant de petites questions, celles-ci nous conduiront à faire de petites actions qui nous aideront à résoudre de petits problèmes pour lesquels nous pourrons nous octroyer de petites récompenses une fois atteints les petits objectifs intermédiaires.
Méthode simpliste ? Pas du tout. Le Japon avec la réussite flamboyante que tout le monde connaît est la preuve éclatante que ça marche.
POURQUOI CETTE MÉTHODE FONCTIONNE-T-ELLE ?
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Podcast : Pourquoi Lisons-nous ?
Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 52:52 — 48.4MB)
J’adresse dans ce podcast une question qui est peu posée, et qui me semble fondamentale : Pourquoi lisons-nous ? , et la soif et le besoin qu’a l’espèce humaine de trouver des réponses à ses questions, avec en guest star notre ami Homo Habilis.
Vous pouvez écouter ce podcast en live en cliquant sur le bouton Play en haut, téléchargez le MP3 en cliquant sur Download, ou le récupérer dans iTunes directement.
Voici le texte de Voltaire, Histoire d’un bon Brahmin (écrite en 1761) que je cite :
Je rencontrai dans mes voyages un vieux bramin, homme fort sage, plein d’esprit et très savant; de plus il était riche, et partant il en était plus sage encore : car, ne manquant de rien, il n’avait besoin de tromper personne. Sa famille était très bien gouvernée par trois belles femmes qui s’étudiaient à lui plaire; et, quand il ne s’amusait pas avec ses femmes, il s’occupait à philosopher.
Près de sa maison, qui était belle, ornée et accompagnée de jardins charmants, demeurait une vieille Indienne, bigote, imbécile, et assez pauvre.
Le bramin me dit un jour: « Je voudrais n’être jamais né. » Je lui demandai pourquoi. Il me répondit: « J’étudie depuis quarante ans, ce sont quarante années de perdues; j’enseigne les autres, et j’ignore tout; cet état porte dans mon âme tant d’humiliation et de dégoût que la vie m’est insupportable. Je suis né, je vis dans le temps, et je ne sais pas ce que c’est que le temps; je me trouve dans un point entre deux éternités, comme disent nos sages, et je n’ai nulle idée de l’éternité. Je suis composé de matière; je pense, je n’ai jamais pu m’instruire de ce qui produit la pensée; j’ignore si mon entendement est en moi une simple faculté, comme celle de marcher, de digérer, et si je pense avec ma tête comme je prends avec mes mains. Non seulement le principe de ma pensée m’est inconnu, mais le principe de mes mouvements m’est également caché : je ne sais pourquoi j’existe. Cependant on me fait chaque jour des questions sur tous ces points; il faut répondre; je n’ai rien de bon à dire; je parle beaucoup, et je demeure confus et honteux de moi-même après avoir parlé.
« C’est bien pis quand on me demande si Brama a été produit par Vitsnou, ou s’ils sont tous deux éternels. Dieu m’est témoin que je n’en sais pas un mot, et il y paraît bien à mes réponses. « Ah! mon révérend père, me dit-on, apprenez-nous comment le mal inonde toute la terre. » Je suis aussi en peine que ceux qui me font cette question : Je leur dis quelquefois que tout est le mieux du monde; mais ceux qui ont été ruinés et mutilés à la guerre n’en croient rien, ni moi non plus : je me retire chez moi accablé de ma curiosité et de mon ignorance. Je lis nos anciens livres, et ils redoublent mes ténèbres. Je parle à mes compagnons : les uns me répondent qu’il faut jouir de la vie et se moquer des hommes; les autres croient savoir quelque chose, et se perdent dans des idées extravagantes; tout augmente le sentiment douloureux que j’éprouve. Je suis prêt quelquefois de tomber dans le désespoir, quand je songe qu’après toutes mes recherches je ne sais ni d’où je viens, ni ce que je suis, ni où j’irai, ni ce que je deviendrai. »
L’état de ce bon homme me fit une vraie peine: personne n’était ni plus raisonnable ni de meilleure foi que lui. Je conçus que plus il avait de lumières dans son entendement et de sensibilité dans son cœur, plus il était malheureux.
Je vis le même jour la vieille femme qui demeurait dans son voisinage : je lui demandai si elle avait jamais été affligée de ne savoir pas comment son âme était faite. Elle ne comprit seulement pas ma question : elle n’avait jamais réfléchi un seul moment de sa vie sur un seul des points qui tourmentaient le bramin; elle croyait aux métamorphoses de Vitsnou de tout son cœur, et, pourvu qu’elle pût avoir quelquefois de l’eau du Gange pour se laver, elle se croyait la plus heureuse des femmes.
Frappé du bonheur de cette pauvre créature, je revins à mon philosophe, et je lui dis: « N’êtes-vous pas honteux d’être malheureux dans le temps qu’à votre porte il y a un vieil automate qui ne pense à rien, et qui vit content? – Vous avez raison, me répondit-il; je me suis dit cent fois que je serais heureux si j’étais aussi sot que ma voisine, et cependant je ne voudrais pas d’un tel bonheur. »
Cette réponse de mon bramin me fit une plus grande impression que tout le reste; je m’examinai moi-même, et je vis qu’en effet je n’aurais pas voulu être heureux à condition d’être imbécile.
Je proposai la chose à des philosophes, et ils furent de mon avis. « Il y a pourtant, disais-je, une furieuse contradiction dans cette façon de penser. » car enfin de quoi s’agit-il? D’être heureux. Qu’importe d’avoir de l’esprit ou d’être sot? Il y a bien plus : ceux qui sont contents de leur être sont bien sûrs d’être contents; ceux qui raisonnent ne sont pas si sûrs de bien raisonner. Il est donc clair, disais-je, qu’il faudrait choisir de n’avoir pas le sens commun, pour peu que ce sens commun contribue à notre mal-être. » Tout le monde fut de mon avis, et cependant je ne trouvai personne qui voulût accepter le marché de devenir imbécile pour devenir content. De là je conclus que, si nous faisons cas du bonheur, nous faisons encore plus de cas de la raison.
Mais, après y avoir réfléchi, il paraît que de préférer la raison à la félicité, c’est être très insensé. Comment donc cette contradiction peut-elle s’expliquer? Comme toutes les autres. Il y a là de quoi parler beaucoup.
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