Voici la suite de l’article dans lequel nous avons fait la connaissance de Bob, qui a cru trouver LA solution à ses problèmes en lisant un livre, et qui au final s’est retrouvé un an plus tard au même point, sans l’avoir appliqué.
La suite de cet article a été fort demandée, mais le lancement du Kit de démarrage de l’Entrepreneur et de mon nouveau blog Blogueur Pro ne m’ont guère laissés de temps. Cet article datant de quelques mois, il est sans doute judicieux de le relire si vous l’avez lu au moment de sa publication
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Quelles sont les raisons qui font que Bob n’a pas mis en pratique ce livre, alors qu’il était très enthousiaste au départ et excité à l’idée de pouvoir enfin changer de vie en résolvant ses problèmes ?
Il y en a plusieurs. Je vais les détailler, puis je publierai un article complet sur les solutions pour les contourner, afin que vous puissiez aussi appliquer les livres qui vous motivent, si vous êtes dans le même cas que Bob
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Première raison : Le doute
Malgré son excitation, Bob doute : et si l’auteur lui mentait, même partiellement ? Il pourrait le faire à des buts égoïstes (gloire, argent).
Bob doute également à un autre niveau : et si l’auteur se trompait ? S’il prenait, comme Don Quichotte, des moulins à vent pour des géants ?
Le doute de Bob est compréhensible : son niveau d’excitation et son envie de résoudre son problème sont tels qu’il est prêt à s’investir lourdement dans l’application des principes de ce livre. C’est en tout cas son sentiment à ce moment. Comme un tel investissement demande des sacrifices considérables en temps, en énergie et peut-être en argent, et qu’il va l’amener à changer sa vie et donc à prendre le risque de perdre ce qu’il a déjà, il est normal qu’il cherche à être rassuré quand à la pertinence de cet investissement et de ses sacrifices à venir.
Bob va donc chercher sur Internet l’avis des autres. Malheureusement, la diversité des avis qu’il trouve ne fait que renforcer ce doute : Des personnes disent que ce livre est génial et en parlent en termes dithyrambiques, beaucoup sont neutres, à la fois impressionnées par les idées émises dans ce livre mais un peu sceptiques, et certains le descendent en flammes, affirmant notamment que l’auteur se valorise beaucoup trop, au point de mentir à plusieurs reprises dans son livre.
Le doute de Bob reste donc intact. C’est un puissant facteur de démotivation, dès le départ, qui va le pousser, inconsciemment, à s’investir beaucoup moins qu’il ne l’aurait voulu. Si on lui avait fourni une preuve (mais quelle preuve ?) de l’efficacité de ce livre, alors le doute de Bob aurait été levé, sa motivation aurait été à la hauteur de son excitation, et il se serait plus impliqué dans la mise en pratique de ses résolutions.
Il y a également une autre forme de doute, plus insidieuse, qui ronge Bob : il doute de lui-même. Il s’est déjà fait de grandes promesses de part le passé, et il ne les a jamais tenus. Est-ce que ce ne sera pas la même chose ici ? Bob a peur de beaucoup s’impliquer émotionnellement et de se voir laisser tomber au bout de quelques mois, faisant encore retomber la faible estime qu’il a de sa capacité à changer les choses. Douter de l’auteur est donc une manière subtile de se donner bonne conscience en lui donnant une raison externe à lui-même si jamais il échoue : s’il ne réussit pas, c’est que l’auteur n’était pas digne de confiance, pas parce qu’il a échoué à cause de ses faiblesses.
Deuxième raison : Le manque de rigueur (qui vient en grande partie du manque de motivation)
La motivation initiale reposant sur une confiance faible en l’auteur – malgré une envie d’y croire attisée par l’espoir de régler ses problèmes – elle vacille, et entraîne également un vacillement de la rigueur, c’est à dire de la capacité de Bob à se tenir à ses engagements, qui est de pratiquer régulièrement les exercices proposés par l’auteur.
La rigueur est donc le fait de se tenir à ses engagements, quelque soit les conditions de travail, d’énergie, de temps, ou même météo
, la plupart du temps. C’est ce qui fait la différence entre un champion olympique et un vice-champion régional chez deux personnes montrant les mêmes dispositions : leur capacité à régulièrement s’entraîner en suivant les directives de leur coach.
Qu’est-ce qui fera que l’un suivra un entraînement très strict demandant beaucoup de sacrifices pendant des années, et l’autre abandonnera au bout de quelques mois ? L’un pourra avoir une rigueur plus forte que l’autre, soit grâce à ses talents naturels, soit grâce à son éducation, ou les deux, mais je pense que ce qui fait vraiment la différence, c’est que la motivation de l’un, son envie de réussir, est beaucoup plus forte que l’autre.
La motivation de Bob étant moins forte à cause de ses doutes qui l’assaille, sa rigueur s’en ressent, car pour s’astreindre régulièrement à faire quelque chose qui ne nous apporte pas immédiatement des bénéfices (comme l’entraînement dans un sport), il faut faire des sacrifices – sacrifier des moments de détente, de vie sociale, etc. – et avoir suffisamment de volonté pour ne pas céder aux tentations du moment – s’assoir dans le canapé quand on est fatigué, aller à une soirée où nous sommes invités plutôt que de faire ce travail que l’on s’est promis de faire – et pour cela une excellente motivation est essentielle.
Je sais qu’en mentionnant “sacrifices” et “volonté”, j’ai perdu la moitié de mes lecteurs, mais tant mieux : nous sommes à présent entre nous
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Bob manque donc de rigueur et de motivation. C’est le deuxième grand facteur qui le conduit à ne pas appliquer le contenu de ce livre.
Troisième raison : La dispersion
Peu rigoureux, n’ayant pas une confiance pleine en ce que dit l’auteur, mais toujours motivé pour régler son problème, Bob consulte les forums et les blogs sur le sujet et découvre un nouveau livre qui parle de son problème. Il le commande aussitôt, et le lit.
Evidemment, les approches des deux auteurs sont parfois communes, et parfois s’opposent. Bob trouve le contenu de ce livre génial aussi, mais son doute est encore augmenté par ces points de désaccord, et il est de plus en plus désemparé : qui croire ? Qui a raison ? Sur Internet il trouve des avis très partagés, disant tout et son contraire, et ne pouvant trouver de réponse sûre à cette question, sa motivation chute encore.
En fait, il est toujours motivé pour régler son problème. Mais, il est moins motivé pour appliquer les solutions de l’un ou l’autre auteur, car il a peur de faire de grands sacrifices pour une méthode qui serait fausse.
Il se produit alors quelque chose d’insidieux : comme il est motivé pour régler son problème, mais qu’il n’arrive pas à trouver une solution dans laquelle il a confiance, il va se mettre à lire d’autres livres, et d’autres articles, d’autres méthodes sur Internet. Et cela pour deux raisons :
- Il a toujours l’espoir inconscient de tomber sur une méthode en laquelle il a confiance et qui va résoudre “magiquement” ses problèmes.
- Il est devenu accro à la phase d’excitation et d’espoir qui accompagne la découverte de nouvelles théories qui semblent décrire si bien son problème. Cela lui permet d’avoir l’impression de progresser dans la résolution de son problème, sans pour autant qu’il ait besoin de la rigueur nécessaire pour appliquer, ni qu’il risque d’échouer, ou de s’être trompé en misant sur la mauvaise méthode. Il enchaîne donc la lecture de nouvelles théories, recevant sa dose d’excitation et d’espoir, sans jamais réussir à dépasser le stade de l’application “sèche” qui demande au départ beaucoup d’efforts pour peu de résultats. Il a besoin de gratification immédiate et ne peut travailler pour une gratification plus éloignée dans le temps.
Comment appliquer ce que nous lisons ?
Il faut dépasser ces trois facteurs. Mais comment ne plus douter tout en gardant son esprit critique ? Comment être rigoureux et motivé, même dans les moments difficiles ? Comment ne pas se disperser, tout en gardant son esprit ouvert ?
C’est que nous verrons dans les prochains articles, chers lecteurs
. Restez branchés !





on juil 22nd, 2010 at 13:02
Très bon article. J’ajouterais également la procrastination qui est un élément accentuant la démotivation. A force de repousser l’échéance, on n’est « plus à un jour près »… Puis on agit pas. Il faudrait appliquer ce qu’on a lu et appris dès que l’on a l’occasion.
on juil 22nd, 2010 at 13:52
chouette article Olivier ; impatiente de lire la suite
))
on juil 22nd, 2010 at 14:14
Je suis comme Angélique… J’attends la suite avec impatience !
on juil 22nd, 2010 at 14:47
Très bon article Olivier.
Tout le monde peut certainement se retrouver en partie dans cet article. Certains ont réussi à passer le cap et d’autre non. Cet exemple ne s’applique pas qu’à la lecture mais à de nombreux domaines dans la vie : qui n’a pas entendu autour de lui des gens dire qu’il voulaient tout quitter pour « changer de vie » et vivre une vie meilleure ? Pourtant combien se donnent réellement les moyens de le faire ?
Comme tu le mentionnes en commentaire du dernier article avec Bob l’AFC, c’est également vrai dans le milieu de la séduction et dans plein d’autres.
Encore merci pour cet article qui nous ouvre les yeux ! J’attends la suite avec impatience.
on juil 22nd, 2010 at 16:00
Merci, tu viens de me réconcilier un peu avec le mot « motivation ».
Jusqu’ici je préférais lire le mot « énergie » dans les articles de développement personnel.
L’argument « La différence entre cette personne qui a réussit et telle autre qui a foiré et leur différence de motivation » est une phrase que j’ai toujours trouvé injuste, car elle parle en réalité de persévérance. Travailler sa persévérance est un travail de profondeur, plus ou moins rempli de pièges selon le profil psychologique de la personne. C’est donc injuste à mes yeux d’épingler des « motivés » et des « non motivés » quand on voit les différences émotionnelles entre les individus concernant la persévérance.
On peut tous assurer beaucoup de motivation mais s’il y a bien quelque chose sur laquelle personne ne peut s’avancer avec une certitude totale, c’est bien sa persévérance sur le long terme.
Merci de disséquer la « motivation » comme tu le fais, pour que cela serve à quelque chose, que l’on comprenne que c’est un résultat émotionnel, qu’il faut travailler pour la faire grandir et vivre à ses côtés. Qu’elle ne nous quitte plus au moment où nous en avons le plus besoin.
on juil 23rd, 2010 at 12:29
Bob doute, mais il est légion, et en effet il n’est pas évident pour tout le monde de se rendre compte que cette méfiance vis à vis d’autrui vient essentiellement d’un manque de confiance en soi … « suis-je fiable, vais-je tenir le coup … »
?
Et que dire de la persévérance et de la discipline que toute activité exige
En tout cas, bravo Olivier, c’est mon portrait que tu dépeint ?
on juil 26th, 2010 at 14:30
Des méthodes pour « changer de vie » je peux en lire des dizaines ! Mais tant que je n’aurai pas décidé de démarrer vers une nouvelle vie je resterai un lecteur collectionneur de méthodes jusqu’au déclic qui fera que mon temps sera désormais consacré à « agir » au lieu de « rêver » !
J’attends avec impatience la suite de cet excellent article !
on juil 27th, 2010 at 11:14
Ton analyse est très perspicace, notamment sur le point numéro 3 : la dispersion.
Je crois d’ailleurs que c’est le point qui m’a fait le plus souvent défaut. Au final, on se retrouve avec une montagne de choses à appliquer et on ne sait plus où donner de la tête. Conséquence : on abandonne point par point, chaque résolution prise.
on juil 27th, 2010 at 13:27
Ma foi. Il me semble que tu as bien résumé et schématisé les principaux écueils qu’on a tous rencontré un jour. Procrastination et perte de vue de ses buts étant, je pense, une forme de manque de rigueur.
Maintenant, les remèdes. Que nous proposes tu, Olivier ?
on juil 28th, 2010 at 9:20
Merci pour vos commentaires
Jérôme, j’aborde la procrastination dans cet article, mais sans la nommer, comme l’a deviné Grégory
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Car qu’est-ce que la procrastination ? Un manque de rigueur provenant d’une motivation insuffisante, motivation insuffisante causée souvent par la peur de l’échec, parfois par la peur de la réussite, et saupoudré d’une bonne dose de doutes, notamment à propos de soi.
on août 16th, 2010 at 16:55
Il est parfois tellement plus simple de se laisser aller et de penser qu’il faut tout apprendre sans jamais agir.
Il faut être capable d’apprendre et d’agir en même temps, accepter de faire des erreurs pour progresser et réussir !
on sept 1st, 2010 at 19:43
C’est providentiel pour moi … Je me suis retrouvé exactement dans votre article. Je suis entrain de finaliser le lancement d’une structure voué à la formation civique des communautés reculés dans mon pays (pour promouvoir leur participation dans la gestion de la chose publique) et, je pense que vos sages conseils me seront d’un très précieux concours.