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04
fév

Etude de cas audio : Comment Véronique, cadre sup dans la Santé, a mis en place GTD



Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 47:15 — 43.3MB)

Véronique Guiberteau

Véronique Guiberteau est une femme dynamique et très active, ancienne médecin, qui a à présent des responsabilités importantes dans une entreprise qui s’occupe d’établissements de santé. Elle a posté fin décembre 2009 un commentaire dans ma chronique de GTD disant qu’elle applique GTD depuis 1 an, et donnant des conseils pour l’implémenter. Sachant à quel point GTD est difficile à mettre en place, j’ai sauté sur l’occasion et lui ait proposé de l’interviewer pour qu’elle nous explique en détails comment elle a fait, et pour qu’elle nous donne ses précieux conseils de vétérante ;) (si vous aussi pensez avoir appliqué correctement les principes d’un livre déjà chroniqué ici, n’hésitez pas à me contacter pour réclamer votre interview).

La qualité du son est médiocre, sorry. Les deux premières minutes sont particulièrement atroces, ensuite cela va mieux mais il y a beaucoup de grésillements (si vous savez comment faire sauter cela avec Audacity, je suis preneur ! ). C’est pourquoi je vous propose aussi la transcription écrite de cette interview (les […] indiquent que le ou les mots étaient inaudibles).

En bas de page se trouvent les ressources, comprenant des liens vers tous les outils que Véronique utilise.

Bonne écoute, ou bonne lecture !

Vous pouvez écouter ce podcast en live en cliquant sur le bouton Play en haut, téléchargez le MP3 en cliquant sur Download, ou le récupérer dans iTunes directement.

Interview  

Olivier : Bonjour, c’est Olivier du blog « des livres pour changer de vie ».

Pour ce podcast, on a pour la première fois une étude de cas. Je suis tombé il y a quelque temps sur le commentaire de Véronique tout en bas de la chronique de GTD qui disait en gros : « J’ai réussi à mettre en place GTD »… et elle donnait beaucoup de conseils et expliquait comment elle avait fait.

Donc ça m’a intéressé. J’ai contacté Véronique pour savoir si elle serait prête pour faire une interview, pour expliquer comment elle a mis en place GTD et quels conseils elle pourrait nous donner.

Donc bonjour Véronique !

Véronique :  Bonjour Olivier !

Olivier : Alors déjà, est-ce que tu peux te présenter rapidement pour nos auditeurs ?

Véronique : Je suis Véronique Guiberteau. J’utilise la GTD depuis maintenant un peu plus d’an an. Je suis cadre dans une entreprise qui s’occupe d’établissements de santé. J’ai été confrontée à de multiples tâches puisque je suis itinérante.

Olivier : D’accord. Itinérante, c’est-à-dire ? Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ?

Véronique : Je travaille pour ce qu’on pourrait appeler, mais qui n’est pas dans les termes juridiques, une filiale, en tout cas une direction régionale. Ce qui fait que dans le contexte de notre activité, j’ai en charge 7 établissements pour ce qui est de la facturation et de la génération du chiffre d’affaire, ainsi qu’une partie de l’analyse de données.

Olivier : D’accord, on peut dire que c’est un travail qui est quand même assez prenant, j’imagine…

Véronique : C’est un travail qui est relativement prenant avec surtout des tâches relativement différentes. Puisque d’une part j’ai des tâches qui ressortent de la direction régionale et du Co-régional , qui mettent des tâches spécifiques. Je vais avoir des tâches qui sont des tâches de management et d’encadrement d’équipes dans les établissements, en sus d’une petite équipe régionale. Et en suite des tâches qui sont des tâches d’analyse de données, qui peuvent aller de choses relativement simples, je dirais : mise en place de tableaux de bord, de suivi, de pilotage, à des analyses un peu plus importantes. Ce qui fait une relative diversité des tâches parce qu’il y a à la fois du management assez classique avec de la gestion de projet et d’autre part des choses qui sont beaucoup du travail de l’ordre personnel.

Je ne sais pas si c’est relativement explicite. C’est quand même une grande diversité de tâches qui ont des timings différents. Il y a des tâches qui sont de l’ordre de la réflexion, sur des timings relativement longs. C’est-à-dire proposer de nouveaux indicateurs aux directeurs des établissements de façon à faire évoluer certaines idées ou certaines stratégies. Mais aussi d’autre part, tout simplement encadrer des équipes avec ce que cela comporte. C’est-à-dire mon ordinateur portable ne marche plus, donc j’appelle l’informatique ou j’écris à l’informatique, plus exactement. Je dirais des tâches qui ont des urgences différentes, qui ont des gestions différentes. J’y ajouterai un autre facteur. Je travaille à Paris, je vis à Marseille. J’ai environ plus de 50% de mon temps qui est lié à du management, d’encadrement d’équipe, et j’ai environ 40% de mon temps que je consacre à des travaux que je pourrais faire à l’autre bout du mondes à condition d’avoir un accès internet, un accès au serveur… je dirais des conditions de travail. Que je peux faire n’importe où.

Olivier : D’accord. Donc ces 50% de travail que tu pourrais faire à distance, tu les fais à Paris ou à Marseille actuellement ?

Véronique : A Marseille

Olivier : A Marseille, d’accord.

Véronique : De préférence à Marseille ! J’ai un accord avec mon employeur […] tout se passe bien, avec un emploi du temps extrêmement souple, qui dépend aussi… nous on est une interface dans une région, une direction régionale, nous sommes une interface entre le siège et les établissements, ce qui fait qu’on est sollicité du bas, du haut… ce n’est ni le bas ni le haut, on est aussi sollicité par le siège. […]

Olivier : En fait dans ton métier, tu fais vraiment des tâches très variées. A la fois, tu dois gérer les interruptions, des tâches à court termes, moyen terme, long terme… tu dois gérer des réflexions, etc. tu as vraiment un boulot qui a un panel très large d’activité. Ça va être très intéressant de découvrir comment tu as utilisé GTD pour ça. Mais déjà, est-ce que tu peux nous dire quand est-ce que tu as découvert GTD ?

Véronique : J’ai découvert GTD parce que j’ai un ami avec qui d’ailleurs j’ai déjà travaillé, qui m’a offert, enfin offert… je travaillais avec lui, j’ai fait une mission avec lui et il m’a offert, il y a un peu plus d’un an, le livre GTD en me disant ; «  lis-le, c’est intéressant, etc. » C’est vrai que ça devait être à l’automne, et bien j’ai découvert cette façon là, j’ai assez rapidement adhéré.

Olivier : Tu l’as lu en automne 2008, c’est ça ?

Véronique : Tout à fait

Olivier : Explique-nous un petit peu comment tu as commencé à le mettre en place ? Déjà est-ce que tu l’as mis en place tout de suite un système ? Est-ce que tu as changé toutes tes habitudes ou tu y es allée progressivement ?

Véronique : Alors je vivais depuis des années, depuis le début des années 2000 avec de nombreuses alertes Outlook, qui étaient extrêmement polluantes, parce que j’avais des alertes toutes la journée qui revenaient. Et ç m’énervait, avec cette notion très bien décrite par certaines personnes qui se mettent à la GTD, d’avoir toujours cette impression de ne pas arriver à faire les choses. D’autre part j’étais obligée d’avoir – sans parler de grandes gestion de projets – d’avoir des mini- gestions de projets par ailleurs. C’est-à-dire de la déclinaison de tâches derrière une idée centrale ou une action centrale à faire. Il y a toujours des tâches à découper. D’autre part, troisième point, après avoir été quasiment workaholic , j’étais dans une réflexion depuis probablement plusieurs années. Mais consciemment depuis quelques mois, je dirais depuis un an, sur comment améliorer ma productivité et comment me dégager du temps pour faire autre chose.

Donc c’est ensemble de choses qui fait que : 1. j’étais polluée dans mon quotidien de travail ; 2. Il me manquait quelque part un bon outil ; 3. J’avais un projet personnel quelque part qui était de me libérer du temps, ne pas y passer ma vie, qui ont fait que j’ai particulièrement adhéré. J’insisterai là-dessus parce que j’ai un Iphone, beaucoup de systèmes GTD sont sur l’Iphone, il y a plusieurs propositions et très souvent quand on regarde les commentaires, on a : « c’est une usine à gaz ! », « c’est trop compliqué à mettre en œuvre », etc. Et je voudrais revenir à la page de la GTD, si on en fait qu’un outil… la GTD n’est pas uniquement un outil, c’est aussi une méthode globale. Ça a en plus considérablement amélioré ma vie personnelle et son organisation aussi. Parce que progressivement j’ai tout intégré dedans.

Olivier : Donc au début tu étais un terreau fertile pour le GTD parce que tu avais cette envie d’équilibrer un peu mieux ta vie professionnelle et personnelle et d’être plus productive au travail. Et d’être moins interrompue par toutes tes interruptions… mais comment tu as commencé à mettre en place ? Est-ce que tu t’en rappelles ? Est-ce que tu as commencé progressivement ou tu t’es dit que du jour au lendemain tu allais changer toutes tes habitudes ?

Véronique : Premièrement j’ai commencé par lire le livre, ça m’a quand même interpelée. J’ai commencé… Bon, je n’ai pas consacré, comme il est dit dans le livre, un week-end à tout ranger… j’étais déjà, je tiens à le préciser, totalement no papier. Je suis dans un univers très règlementaire sur le plan professionnel… je prends déjà le journal officiel, j’ai des newsletters ou des équivalents de newsletters de mailing-listes réglementaires, et d’autre part quand arrive un document dans les établissements, je demande à ce que l’on me le faxe. Je ne veux plus de papier. Je n’ai aucun papier parce que je suis itinérante. Cela fait 10 ans que je suis itinérante avec différents postes et différentes entreprises. Et différentes fonctions.

Bon ça c’est la première chose : j’ai lu le livre. Je me suis dite : je vais déjà appliquer la première règle – que tu signales d’ailleurs dans ton blog – qui est : « Arrêter les alertes Outlook ». Ca, c’est idiot mais c’est colossal.

Arrêtez les alertes Outlook.

Ensuite j’ai repris toutes mes tâches Outlook et j’ai essayé de toutes les formater GTD. Alors quand je dis formater GTD, c’est avant tout se poser les questions que conseille de se poser David Allen. C’est-à-dire qu’est-ce qu’on fait de cette tâche ? Ne pas se laisser encombrer par des tâches qui sont de l’ordre différent, c’est même au-delà de la priorisation. C’est d’ordre différent. Qu’est ce que je fais de cette tâche ? Est-ce que c’est une tâche sur laquelle il y a une action à faire ? Ça c’est la première grande question : y a-t-il une action ? Cette action est-elle faisable immédiatement ? Et cette déclinaison est-elle déjà rangé quelque part dans ma boite à outils ? Ca, ça a été le premier point.

Comme j’avais lu le livre et que j’étais dans cette démarche à titre personnel, je dirais que l’aspect objectif, l’aspect un petit peu plus terme, l’objectif à long terme, s’est mis en place un peu plus lentement. J’ai commencé par du pratico-pratique qui était mon premier problème.

Ensuite s’est posé à ce moment là, la question de l’outil. Pourquoi ? Parce que je suis « no-papier », c’était hors de question, cela faisait très longtemps que je me suis mis à l’électronique. J’ai eu tout : j’ai eu un Psion, j’ai eu un Palm, non moi j’ai tout eu. Pour moi c’est indispensable, j’ai un Blackberry et un Iphone. Aucun document, aucune application intéressante pour le Blackberry. Je tiens à le signaler pour des raisons purement ergonomiques du Blackberry. Je dis Blackberry… j’ai un Blackberry de base, un Bold,  mais il n’y a pas grand-chose en appli téléchargeable ne Blackberry. De toute façon je me suis tournée vers l’Iphone. Mais surtout au départ je me suis tournée vers mon ordinateur et j’ai le Jello Dashboard qui est un outil branché sur Outlook. On garde les tâches Outlook mais elles sont réarrangées façon GTD. Au bout d’un moment j’ai trouvé ça un peu lourd et maintenant depuis plusieurs mois, presque un an, je suis sur […] c’est-à-dire que je n’ai plus rien de desk top, j’ai tout sur un serveur qui est Toodledo qui est synchronisé avec l’Iphone.

Olivier : Alors effectivement la question de quel logiciel utiliser, c’est une grande question pour ceux qui mettent en place GTD, parce qu’on a un peu l’embarras du choix. Je ne savais qu’il y avait pout le Blackberry une pénurie à ce niveau-là. Mais c’est clairement une grande question, on est parfois écrasé par le nombre d’applications qui existe pour GTD, que ce soit sur son ordinateur ou son Iphone, sur internet etc. Alors, toi, tu as voulu au début conserver ton outil principal qui est Outlook.

Véronique : Oui, je suis PC. Beaucoup d’outils sont Mac en plus

Olivier : Oui, exactement. Moi aussi je suis PC et effectivement ça pose un vrai problème. Pareil, moi j’étais très axé Outlook. Comment as-tu réussi à te débarrasser de ce centrage vers Outlook ?

Véronique : Alors ce centrage Outlook c’est-à-dire que quand Jello Dashboard qui est un module GTD qui se branche sur Outlook, j’avais toujours les tâches de Outlook mais qui n’étaient plus gérées par Outlook mais par le module. Je n’ai utilisé que la fenêtre géo Dashboard. En perfectionnant ce système, et je pense que je reviendrais sur ce problème de perfectionnement du système, c’est devenu un peu lourd et j’ai découvert Toodledo en ligne qui est remarquable.

Olivier : Aujourd’hui tu te sers toujours d’Outlook pour le logiciel de messagerie ?

Véronique : J’utilise le calendrier.

Olivier : Par contre au niveau des gestions des tâches tu ne t’en sers plus du tout?

Véronique : Alors Outlook c’est pour la messagerie, calendrier compact. La messagerie professionnelle qui est un Exchange reste sur l’Outlook et le Blackberry. Ma messagerie personnelle qui est un gmail maintenant est sur gmail, l’Iphone et Outlook. Le calendrier synchronisé avec le Blackberry avec Exchange mais également par gmail, sur gmail et Google agenda. Et ensuite l’envoi le synchronise sur l’Iphone.

Note : Vous pouvez utiliser Google Sync pour cela.

Et les contacts c’est pareil, en passant pas Soocial qui est une petite application gratuite en ligne et qui permet de synchroniser mes contacts également en boucle, sur l’ensemble, serveurs professionnels, mes serveurs internet personnels, c’est-à-dire Google ou autre chose, et l’ensemble de mes « devices » portables, que ce soit ordinateur et mes deux téléphones.

Il y a un client Outlook et un client gmail.

Olivier : C’est toujours intéressant d’avoir des ressources comme ça. Ok, là c’est ton système actuellement. Alors est-ce que tu peux nous dire comment tu l’utilise au quotidien ? Qu’est-ce que ça t’apporte dans ta vie professionnelle, personnelle etc. est-ce qu’il te fait gagner beaucoup de temps ou pas ?

Véronique : Alors on est bien d’accord j’ai Toodledo sur mon ordinateur mais qui est sur un site, je n’ai aucun application en export et j’ai d’autre part l’Iphone sur lequel j’ai tout. Alors ce que ça m’apporte… je vais donner 2 petites anecdotes. Maintenant quand je n’écris pas dans le système une tâche, je ne la fais pas. Je l’oublie. J’ai atteint un tel niveau « de zénitude » comme le décrit David Allen dans son livre en introduction. On n’y croit pas. On atteint la zénitude du karatéka. C’est-à-dire que la semaine dernière j’ai un collègue qui me dit : «  il faut donc que ça soit fait tel truc dans la semaine » j’ai dit « écoute j’appelle x et je lui dirais de venir ». Je n’ai pas écrit que j’appelais X. J’ai eu 10 mails de X entretemps et puis X est une de mes collaboratrice très proche… eh ben je n’ai jamais dis qu’il fallait qu’elle vienne et heureusement elle s’est suis débrouillée toute seule, ce qui est très bien ! Mais globalement voilà pour la semaine dernière…

Deuxième point très amusant, maintenant que je note quelque chose dans mon système je ne me force pas à le retenir, à me le rappeler, mais très souvent je m’en rappelle beaucoup mieux que si je ne l’avais pas noté. Je devais changer la fermeture éclair d’un jean. Et bien je n’ai pas eu d’effort à faire pour aller à la mercerie. Mais néanmoins c’était dans mon système, il était écrit que je devais acheter une fermeture éclair et que je devais amener le jean pour avoir la bonne taille.

Je viens de donner 2 petits exemples qui sont l’un personnels et l’autre professionnel. Je vois que c’est à ça que j’en suis arrivée. Je veux dire que aujourd’hui ce qui n’est pas dans le système n’est pas fait, ne sera jamais fait et ne sera jamais retenu. Ce qui veut dire aussi que je ne pense plus à faire quelque chose. Je le fais ou je ne fais pas.

Olivier : D’accord. Et donc tu as vraiment l’impression de t’être libéré l’esprit, d’avoir atteint la zone dont tu parlais au tout début ?

Véronique : Oui, je l’ai atteinte, parce que, par exemple : très souvent je renvoie des mails professionnels le dimanche soir. Je regarde ce que j’avais à faire, ce qui est dans ma « hot List », je peux très bien décider de ne pas faire une tâche de ma hot list , mais dans ce cas là je la change de date, je la change de priorité, je peux la modifier, toujours est-il que je suis certaine quand j’ai vu ma hot list et ma boite de réception, je suis certaine d’avoir fait tout ce qu’il fallait faire. Que ce soit les dossiers, comme envoyer un mail, bien sur il m’en envoie toute les semaines… comme d’avoir pris, je ne sais pas, mon parfum.

Olivier : D’accord. Tu notes vraiment tout ce que tu dois faire … que ce soit personnel ou professionnel dans le même système.

Véronique : TOUT est noté dans le même système.

Olivier : Comment tu le consultes et à quelle fréquence ?

Véronique : En fonction des besoins sur l’Iphone quand je ne suis pas sur mon ordinateur. Systématiquement dès que j’allume mon ordinateur, je me connecte à internet, j’ouvre Toodledo et toute la journée, mon Toodledo est ouvert.

Olivier : Dès que tu es un moment de libre tu regardes ton Toodledo et tu regardes ce que tu peux faire en fonction du contexte…

Véronique : Non, c’est toujours ouvert ! j’ai quand même beaucoup de réunions, d’interruptions, d’obligations, de rendez-vous mais je dirais ; je m’assoie, ce matin j’ai une réunion comme tous les lundis matins, je suis en retard à cause de la neige, j’ouvre mon ordinateur, j’ouvre mon Toodledo même si on parlait d’autre chose. Mais mon Toodledo est systématiquement ouvert.

Olivier : Tu as toujours un œil sur les tâches que tu dois faire…

Véronique : J’y ai toujours accès. Ce n’est pas un œil dessus parce que justement si je faisais ça je ne serais pas zen.

Olivier : Combien de temps tu as mis entre le début de la mise en place de GTD et le fait que tu atteignes facilement cette zone de zénitude, cet état de zénitude ? Ça t’a pris plusieurs mois ?

Véronique : Ça se fait progressivement. On se sent déchargé très vite. J’en arrive maintenant à un système de plus en plus efficace. Mais je dirais qu’être déchargé, on y est très vite. On perd un peu moins vite certaines habitudes qui sont des habitudes de due date par exemple, des tâches à faire. On perd moins vite cette notion de mettre tout en priorité top. On attribue moins bien les critères aux tâches parce que les notions qui développées par David Allen sont très utiles mais ne sont pas évidentes au départ.

Olivier : Tout à fait…

Véronique : La notion de contexte, la notion de date, la notion qu’on appelle étiquette, la notion de folder, comment gérer ses projets, comment gérer ses items, même sans parler du long terme et des objectifs à long terme, tout en parlant du quotidien… ce n’est pas si simple.

Olivier : Justement, ma prochaine question c’est… on va parler de tes principales difficultés mais avant je voudrais savoir : au-delà de ce sentiment de zénitude est-ce que tu as l’impression de la mise en place de GTD te rend plus productive et du coup te fait gagner du temps ?

Véronique : Enormément. Je pense qu’avec GTD on gagne, je dirais, 20% minimum de temps, si ce n’est pas 25% avec en plus une valeur ajoutée perçue qui augmente.

Olivier : Par rapport à toi ?

Véronique : Par rapport aux autres ! Moi je suis en position de gérer pas mal de conseils, je suis quasiment en position de prestataire puisque en dehors de l’équipe régionale, qui est comme une petite équipe avec toutes les fonctions, pour le reste je suis avant tout prestataire. En dehors de mon équipe par ailleurs. Mais je suis avant tout prestataire. Donc j’ai de multiples demandes en permanence. Et je dirais que globalement l’application de GTD, qui est aussi bien une tâche rapide qui dure moins de 2 minutes, on la fait maintenant et pas dans 3 jours, que prioriser certaines tâches me pousse d’ailleurs à redemander des précisions quant aux délais à certains, parce que je vois assez rapidement qu’il faut que je m’y mette, que j’en ai pour 2 heures, je redemande une précision en proposant une date qui me parait en rapport avec la tâche en question… je pense qu’effectivement on gagne du temps à ne pas chercher ce qu’on a à faire. Et on gagne du temps parce que quand on a une tâche à faire, on la décline tout de suite en petites tâches. Donc je dirais que maintenant automatiquement on a une présentation très importante à faire au PDG à la fin de la semaine, j’ai de multiple petites tâches à faire : remettre le bon modèle PowerPoint, s’assurer que les pages sont identiques dans tous les diaporamas, enfin bon, je passe les détails des petites chose comme changer le chiffre en small sur le commentaire qu’on a rajouté bon parce qu’on coordonne la modification. D’emblée je me mets des tâches avec des sous tâches.

Par exemple pendant les comités de direction, j’ai GTD devant moi, j’ai Toodledo devant moi et je saisis dans Toodledo.

Si je fais mes courses, je décide de faire mes courses, c’est pareil.

Olivier : Dans Toodledo ?

Véronique : Je mets tout dans Toodledo. Les cadeaux de Noël, c’était dans Toodledo…

Olivier : Et tu coches au fur et à mesure quand tu fais tes courses dans ton Iphone ?

Véronique : Et je coche au fur et à mesure sur mon Iphone. Ce d’autant maintenant que je suis passée à Todo. Il y a 2 systèmes de listes : un système projet et un système de liste, qui est très, très bien. Que n’a pas Toodledo, mais ce n’est pas grave, ça n’a aucune importance pratique. Mais sur Iphone, Todo est mieux que Toodledo.

Olivier : Donc du coup, aujourd’hui tu utilises Todo plutôt que Toodledo ou tu utilises les 2 ?

Véronique :Todo sur l’iphone mais ça ne se synchronise qu’avec Toodledo pour internet.

Olivier : D’accord, Todo sur l’Iphone. Et est-ce que tes collègues ont remarqué la différence entre l’ancienne Véronique avant GTD et la nouvelle Véronique ?

Véronique : Heu… non. Alors moi je pense que non. J’estime que je travaille plus tranquillement, probablement en brassant moins d’air pour avoir un niveau de valeur ajoutée perçue qui reste au moins identique.

Olivier : Tu as choisi d’augmenter et d’améliorer ton style de vie, plutôt que d’en faire plus.

Véronique : J’en fais déjà beaucoup. Je veux dire, je ne me plains pas non plus, quoi. J’ajoute que j’ai la réputation de ne rien oublier et de faire globalement tout en temps et en heure. Rien n’est laissé au hasard, n’est laissé de côté.

Olivier : Quels sont les principales difficultés que tu as rencontrées, justement quand tu as mis en place GTD?

Véronique : La première difficulté maintenant qu’on a passé le coté outils, sur lequel on peut toujours revenir, ça a été peut être de bien s’imprégner de l’ensemble du système. Mais aussi savoir laisser de côté, si vous ne comprenez pas exactement la finalité de certaines choses. Je vais m’expliquer. Je pense ce que j’ai eu le plus de mal à comprendre, à intégrer, à vivre c’est la notion de contexte. La notion de statut est beaucoup plus facile à comprendre, elle est très utile parce ce que un genre de statut c’est «  tâche à planifier », « tâche à déléguer », « tâche de référence », « ligne de référence », « on fera dans 15 jour / someday », enfin. c’est assez facile, c’est imposé par les applications. Par contre les contextes on les choisit soit même. J’ai été un peu aidée par le blog de Pierre Morsa, où il propose ses contextes et ça m’a rassurée sur ce que j’avais fait.

Olivier : Oui c’est un excellent blog que je recommande à tous ceux sont intéressés par la mise en place du GTD parce que Pierre Morsa, toute les semaines ou presque, écrit des articles à ce sujet.

Véronique : Et c’est très pratique.

Olivier : Oui, oui.

Véronique : Donc ça c’est vraiment… la seule chose qui manque, ce n’est pas du tout une critique car je ne souhaite pas critiquer, c’est un très joli blog, c’est qu’il n’y a pas la vision globale de ce que peut apporter la GTD. On est dans une mise en pratique. C’est peut être la seule chose, parce que je crois qu’il ne faut pas se couper de l’intérêt global. Mais ça c’est que j’en pense moi. Après il y a moins cette notion de temps, de travail sur l’échelle du temps, on pourra en reparler après pare que je crois que c’est l’un des points importants de la GTD.

Je reviens à la mise en place. La mise en place, ça a été de se dire que je ne fais plus de la gestion de liste, je fais de la gestion intelligente de tâches. Donc chaque tâche n’est pas un item dans une liste mais a de multiples attributs qui me permettront de la retrouver, de la faire ressortir dans ma hot list en particulier. Donc ça, ça a été surtout ça, effectivement le problème des contextes qui ne sont pas forcément évidents. Ça a été peut être l’un des points les plus difficiles. Au départ c’est aussi ne pas vouloir être trop parfait, parce qu’on se chemine vers une usine à gaz, qui prend tellement de temps à gérer que l’on ne s’en sort pas. C’est respecter onc certains points car ça fait partie des avantages du GTD, c’est une revue quotidienne, ce qu’appelle David Allen la review. C’est une revue hebdomadaire…

Olivier : … qui est très importante ?

Véronique : Oui. Et une revue à long terme. Alors, il ne faut pas s’imposer de mois, de quinzaines, de trimestre, d’années. C’est un peu aller voir tout ce qu’on n’a pas fait, tout ce qui est en sommeil, tout ce qui est brainstorming – bon moi j’ai un contexte brainstorming – tout ce qui est des choses même personnelles que je note au fur et à mesure. Ça permet de faire un petit peu un point. Là je pense qu’il ne faut pas s’épargner ça, mais il ne faut surtout se l’imposer, il faut le faire un jour au calme, un dimanche après-midi.

Autrement, la difficulté, c’est de se laisser porter par la méthode et il faut surtout être très attentif, parce qu’au début, j’étais encore dans mon truc de tâche Outlook, très attentive à ma boite de réception au sens de David Allen. C’est-à-dire que tout doit rentrer dans cette boite à réception, qui est un fourre tout, dans lequel on met toute les tâches, qui ne sont pas encore caractérisées, qui n’ont souvent aucune échéance, aucune priorité, aucun contexte, aucun dossier, aucun statut, aucun tag, etc. Et cette liste là, c’est celle là qu’il faut regarder tous les jours. Il faut regarder votre liste (la liste des priorités, ce qui est important ce jour-là) et d’autre part sa boite de réception. D’autre part sa boite de réception, moi j’y envoie des mails. C’est-à-dire que je m’envoie des mails dans Toodledo.

Olivier : Ah oui ! Et ça fait des tâches c’est ça ? C’est une fonction du système ?

Véronique : Exactement, oui. C’est très important parce que ça évite de recopier. On a des mails de type information. On a des mails du type « oui, oui, d’accord ok ! ». On a des mails qui deviennent des rendez-vous. Et à des mails où il y a des choses à faire. Donc un mail «  choses à faire » part dans la boite de réception de Toodledo. C’est envoyé par mail à Toodledo.

Olivier : Finalement, les principales difficultés rencontrées c’étaient le contexte. Avec l’expérience et l’article de Pierre Morsa, apparemment, ça a résolu ton problème. Aujourd’hui tu te sens à l’aise par rapport au contexte ?

Véronique : Eh bien, c’est la chose avec laquelle je me sens de plus en plus à l’aise. Mais c’est surement la chose que j’ai eu le plus de mal à utiliser complètement.

Olivier : Est-ce qu’il y a des choses dans GTD qui ne t’ont pas parlé, que tu as décidées de ne pas mettre en place que tu as testées, qui t’ont semblé pas pertinentes ?

Véronique : Je ne pense pas qu’il y ait une seule chose qui ne soit pas pertinente. C’est une méthode, je ne pense pas que ce soit quelque chose d’impertinente. Je pense qu’il y a des choses que l’on s’approprie plus ou moins bien. Je pense qu’il faut se donner la peine de lire le livre. Il faut se donner la peine de se faire son weekend de tri, qu’on le fasse en trois demi-journées ou en… il faut la peine d’y réfléchir. Autrement si on applique ça comme une liste de tâches un peu améliorée, ça n’a pas d’efficacité. Mais je dirais qu’il n’y a rien qui me parait inutile. Même le long terme me parait utile. L’altitude 10000, l’altitude 30000, etc. Même ça, ça me parait utile.

Olivier : Est-ce que tu as mis le système de dossier qu’il préconise ? Un dossier pour chaque jour, un dossier pour chaque mois ?

Véronique : Pas du tout parce que je suis informatisée. Pour moi ça fait parti des choses tout à fait intéressantes mais qui s’appliquent plus à du papier qu’à de l’informatique.

Olivier : On peut aussi le mettre en place au niveau informatique…

Véronique : Moi je n’en ai pas ressenti le besoin, mais je ne dis pas que c’est à jeter… tu vois ce que je veux dire… parce que je pense qu’il n’y a rien à jeter avec cette méthode. Il y a « on prend ce avec quoi on est le plus à l’aise », à condition d’avoir fait l’effort de lire le livre et de se poser la question de fond sur la méthode.

Olivier : Et aujourd’hui, tu en parles autour de toi de GTD ?

Véronique : Alors, j’en parle autour de moi. Bon. Je dirais que mon univers personnel n’a rien à voir avoir mon univers professionnel. Donc avec des besoins et une façon de gérer les activités diverses, qui sont un peu différentes. Je gère d’ailleurs les activités de quelqu’un d’autre avec mon système, pour des raisons pures d’arrangement de notre vie personnelle. J’ai des choses, des tâches qui ne sont pas à moi dedans. Autrement dans mon univers professionnel, j’en ai un peu parlé mais ce n’est quand même pas simple à expliquer. C’est-à-dire que j’en ai parlé en particulier à une personne : « tu gagneras du temps si tu faisais ça… ». Je crois qu’il faut être ouvert. Il faut avoir envie de s’y mettre à la GTD. Ce n’est pas ouvert comme une critique de la personne – c’est d’ailleurs une personne très ouverte – mais je crois qu’il faut avoir l’envie de s’y mettre. C’est quand même un système qui demande au départ une implication personnelle qui va bien au-delà de l’achat ou de l’utilisation d’un outil. Il faut lire le livre, il faut se dire qu’est ce que j’en prends, qu’est ce que j’en laisse. Moi par exemple, j’ai laissé le système de classement par jour, par semaine, par mois parce que ça ne s’applique pas trop à mon rythme de vie. C’est ma question, c’est pour ça que je dis que je ne jette rien. Il faut quand même avoir tout lu.

Olivier : Et après c’est de la rigueur, de l’énergie, de la persévérance pour mettre en place ce système ?

Véronique : Comme on en voit les bénéfices très vite, si on a lu livre, si on se dit j’ai envie de mettre ça en place parce que je peux gagner du temps, on met en place progressivement, on n’est pas parfait d’emblée. Mais si on met en place le système de gestion des tâches de GTD, on en voit des bons effets très vite. Alors après la boite de réception de départ, n’était pas aussi pleine qu’aujourd’hui. Il n’y avait pas tout dedans. Ça a été progressif. Mais je trouve qu’on en voit très vite les effets.

Olivier : Ça, c’est l’avantage par rapport aux autres méthodes ou d’autres livres ou parfois il faut travailler longtemps avant de voir les premiers effets. Il y a une courbe d’apprentissage très longue. Là c’est moins le cas.

Véronique : Là on est sur quelque chose de pragmatique. Ce qui est intéressant avec GTD, c’est une méthode qui nous donne une méthode. Il a un petit diagramme qui pour moi est la clé de tout. C’est son petit diagramme « comment trier, on a quelque chose à faire, on a une tâche qu’est ce qu’on fait ? » ; le petit diagramme qui est dans le livre, tu vois ce que je veux dire ?

Olivier : Oui

Véronique : Ce diagramme là si déjà on applique ça, et bien déjà on a fait un grand pas. Après on va se l’approprier plus lentement. Moi, ça a été les contextes. Pour ce qui est des attributs de tâches, on va utiliser plus lentement la plénitude des altitudes par exemple. Parce que moi je suis rentrée dans GTD en disant j’en ai marre de ces tâches Outlook. Si on rentre dans GTD en se disant qu’est-ce que je vais faire de mes dix doigts et une machine, on va peut-être plus travailler sur les altitudes et décliner ensuite. Il y a deux niveaux d’entrées. Comme il y a deux niveaux d’entrées, il y en a un qui est d’un pragmatisme quotidien certain. Le gros intérêt, et je tiens à le dire, ce qui me parait très intéressant, c’est que c’est un système à 2 étages c’est d’une part solidifier le quotidien – diminution du stress, augmentation de l’efficacité sur des mini tâches. Je n’oublie pas de racheter des œufs ou des ampoules, c’est écrit dans GTD. Le jour où je vais faire des courses, au moment où je vais aller faire des courses, j’ouvre l’Iphone, je vais dans « contexte course » et je regarde ce que j’ai à acheter. Ça c’est le quotidien. Et ça va être vrai pour tout. Ça va être vrai : le matin ce que j’ai à faire de plus urgent c’est ça. Et d’autre part, ça permet aussi de, la fois où l’on se pose et qu’on fait sa revue de long terme, de préciser et d’accomplir, je troue, ses objectifs à moyen terme et à long terme. Un objectif qui va être un projet professionnel de moyen terme, qui va être de mutualiser telle activité, qui va être d’améliorer la productivité d’une certaine catégorie de personnes, d’une certaine catégorie d’activité. Ce n’est pas quelque chose que l’on va faire en une journée. Et bien ça, ça le permet aussi parce que ça va forcer à décliner en tâches activables. Et de na pas être dans «  il faudrait que… ».

Olivier : Alors je suis d’accord, mais par contre c’est quand même un reproche qu’on fait souvent à GTD qu’on peut se transformer en machine à faire cette liste de choses à faire et du coup on perd un peu de vue l’image globale, l’objectif final etc. C’est vrai qu’il y a ces notion d’altitude mais il y a quand même des personnes qui reprochent à GTD d’être un peu superficiel à ce niveau là. Je crois que David Allen dans son livre « Making it all work » a été un peu plus loin sur ce concept là. Est-ce que tu l’as lu ?

Véronique : Je l’ai acheté, j’ai commencé à le lire. Mais je ne l’ai pas lu encore.

Olivier : D’accord. Mais c’est vrai qu’il y a cette notion d’altitude et surtout que l’on transforme des « peut être », des « un jour je ferais » en tâches qu’il faille mettre en action. On a déjà plus de chance d’avancer vers ses objectifs qu’en les laissant trainer dans notre cerveau pendant des mois voire des années.

Véronique : Voilà. Moi je suis quelqu’un d’assez pragmatique. Je l’ai abordé de façon pragmatique et j’ai plutôt remonté tout en étant en même temps ces 2 choses : d’un, je suis pragmatique ; de l’autre coté j’étais dans un contexte où je voulais gagner du temps. Et vouloir gagner du temps, c’est bien pour quelque chose, c’est pour mon objectif personnel. Moi j’ai le sentiment d’avoir amélioré ma qualité de vie. Et ça déjà ça m’a permis d’accomplir des choses extraordinaires. Je n’en suis pas à la semaine de 4 heures, loin de là, mais au moins je fais les choses de façon plus tranquille sans craindre d’oublier quelque chose. Et je ne me culpabilise pas si j’ai passé quelque chose un jour, parce que j’aurais décidé que cette chose là n’était pas à faire ce jour là. Ou que j’avais assez travaillé pour aujourd’hui. Parce que tout simplement j’étais fatiguée et que ce n’était pas le moment de faire les choses. Il y a plein de bon sens sur David Allen. Il y a une chose répétée à des gens qui travaillent, parce que ça s’adresse quand même à un certain type de personnes, David Allen, je trouve que c’est plutôt du travail intellectuel, de prestation de service, si on peut résumer en termes de type d’activité. Probablement plus qu’une activité industrielle. Quand il dit de ne pas le faire quand vous vous ne sentez pas de faire cette tâche et ayez en réserve quelque part une série de mini tâches qu’il faut faire mais qui vont vous prendre 5 -10 minutes et qui vont permettre de déplier de faire avancer les choses, vous aurez l’impression d’avoir fait quelque chose – je résume les 20 pages de David Allen – hé bien, c’est assez satisfaisant. On a tous des moments de relâchements, des moments où on n’est pas en forme, on trouve un truc à faire si on a un système bien fait.

Olivier : Tout à fait. C’est vraiment l’un des avantages principaux du système, c’est que finalement on peut trouver de tâches qui sont en fonction de notre contexte, de notre niveau d’énergie, du temps qu’on a. C’est vraiment énorme. On ne se retrouve plus à se demander ce qu’on va faire.

Véronique : Ça arrive à tout le monde même si on est bourré de travail, il arrive toujours des moments où on se demande qu’est ce que je fais maintenant.

Olivier : On ne sait pas par où commencer parmi toutes les tâches à faire. Si on pas un système de notes écrites, on doit s’en rappeler de ce qu’on doit faire. On doit prioriser. Avec une liste de contexte…

Véronique : Les contextes, les priorités, les échéances de dossier… moi j’ai des dossiers, des folders, je les utilise entre la gestion de projet et surtout les grands thèmes de travail. Des fois je me dis tiens je vais travailler là dessus, je vais aller voir si ne reste pas des traineries dans ce dossier là, des choses, des idées que j’avais noté qui sont de l’ordre du contexte brainstorming , ou someday ou de priorité très basses… et je retrouve des idées ! des idées qui ont été oubliées. Et je les réutilise.

Olivier : Je pense que tu nous as brossé un beau portrait d’ensemble : comment tu as découvert la GTD, ce que ça t’a apporté, comment tu l’appliques, les systèmes que tu utilises. On s’achemine vers la fin parce que ça fait ¾ d’heure qu’on discute, mine de rien. Est-ce que pour finir tu aurais quelque chose à conseiller à ceux qui se lancent dans le GTD, à ceux qui vont aller acheter ce livre suite à cette interview et vont se lancer demain ?

Véronique : A lire le livre. Selon votre état d’esprit, s’appesantir sur les altitudes d’un côté ou le diagramme de tâches. Comme tu l’as dit ce n’est pas une méthode de vie, c’est un diagramme. Se persuader de la nécessité d’une seule boite de réception, ça me parait être une des bases : une seule boite de réception. Et pratiquer les revues.

Olivier : Donc, revues hebdomadaires ?

Véronique : Quotidiennes, hebdomadaires et échéances à long terme.

Olivier : Toi, tu as choisi quoi par exemple ? tu as pris le mois, l’année ? tu changes ?

Véronique : Il n’y a aucune obligation. Je ne suis pas à l’année. Je suis à : « j’ai le temps et j’ai envie de réfléchir à où j’en suis ». je ne me suis créée aucune obligation sur le sujet. Je fais en moyenne une revue de l’intégralité de mes tâches en moyenne tous les mois.

Olivier : D’accord. Très bien. Ecoute je pense que ce sont de très bon conseils pour ceux qui veulent démarrer. Tu as quelque chose à rajouter par rapport à GTD ? De manière globale ?

Véronique : Je dirais que d’une manière globale GTD, c’est une méthode. C’est aussi un outil. Ce n’est surement pas une philosophie. Par contre si on utilise l’outil sans la méthode, on va avoir une usine à gaz. Et si on utilise la méthode sans outil on va y passer beaucoup de temps. Moi, je conseille très, très fortement l’informatisation de GTD. Il est vrai que dans son livre il évoque les gestions papier. Pierre Morsa propose avec un petit carnet moleskine, qui est sympa. Moi, il n’y a pas photo, c’est l’informatique. pourquoi l’informatique ? Parce que ça te permet de faire « jaillir » ta hot List automatiquement sans avoir à retrier. Et ça te permet de consulter par exemple ou des contextes, ou des taches, ou des folders, tout ce que tu veux si tu veux, en fonction de tes besoins, de tes moments, du moment qu’il est, de l’état d’esprit dans lequel tu es, si tu es dans un contexte de revue mensuelle ou hebdomadaire ou quotidienne. Donc ça, c’est pour moi un point important. Il me parait difficile de l’envisager sans outil informatique.

Olivier : C’est un point de vue que je partage totalement. Je pense qu’on peut automatiser beaucoup de choses grâce à l’informatique aujourd’hui. Qu’effectivement le tri des tâches automatiques en fonction de tous les éléments GTD c’est quand même un vrai plus par rapport au papier. On peut passer beaucoup de temps à chercher dans ses papiers. Personnellement je ne vois pas trop comment on peut utiliser GTD avec uniquement du papier

Véronique : J’ai 300 pages en permanence…

Olivier : C’est ça ; si en plus tu édites en permanence, tu changes des choses etc. sur du papier ça donnerais des ratures partout.

Véronique : Voilà.

Olivier : Très bien ! Merci Véronique pour toutes ces informations. Je pense que nos lecteurs seront très intéressés par ça. Et puis peut être à bientôt pour de nouvelles aventures !

Véronique : C’est moi qui te remercie. bonne fin de journée ! Au revoir !

Olivier : Au revoir !


Ressources :

  • Jello Dashboard, pour utiliser GTD avec Outlook
  • Toodledo, l’outil principal utilisé par Véronique pour GTD
  • Soocial, pour synchroniser vos contacts avec divers logiciels
  • Google Sync pour synchroniser vos agendas entre vos différents logiciels et terminaux mobiles
  • Todo, l’application iPhone qui se synchronise avec Toodledo
  • Blog de Pierre Morsa, et ses fameuses minutes GTD du vendredi

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18
nov

Podcast : Pourquoi Lisons-nous ?



Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 52:52 — 48.4MB)

J’adresse dans ce podcast une question qui est peu posée, et qui me semble fondamentale : Pourquoi lisons-nous ? , et la soif et le besoin qu’a l’espèce humaine de trouver des réponses à ses questions, avec en guest star notre ami Homo Habilis.

Vous pouvez écouter ce podcast en live en cliquant sur le bouton Play en haut, téléchargez le MP3 en cliquant sur Download, ou le récupérer dans iTunes directement.

Voici le texte de Voltaire, Histoire d’un bon Brahmin (écrite en 1761) que je cite :

Je rencontrai dans mes voyages un vieux bramin, homme fort sage, plein d’esprit et très savant; de plus il était riche, et partant il en était plus sage encore : car, ne manquant de rien, il n’avait besoin de tromper personne. Sa famille était très bien gouvernée par trois belles femmes qui s’étudiaient à lui plaire; et, quand il ne s’amusait pas avec ses femmes, il s’occupait à philosopher.

Près de sa maison, qui était belle, ornée et accompagnée de jardins charmants, demeurait une vieille Indienne, bigote, imbécile, et assez pauvre.

Le bramin me dit un jour: « Je voudrais n’être jamais né. » Je lui demandai pourquoi. Il me répondit: « J’étudie depuis quarante ans, ce sont quarante années de perdues; j’enseigne les autres, et j’ignore tout; cet état porte dans mon âme tant d’humiliation et de dégoût que la vie m’est insupportable. Je suis né, je vis dans le temps, et je ne sais pas ce que c’est que le temps; je me trouve dans un point entre deux éternités, comme disent nos sages, et je n’ai nulle idée de l’éternité. Je suis composé de matière; je pense, je n’ai jamais pu m’instruire de ce qui produit la pensée; j’ignore si mon entendement est en moi une simple faculté, comme celle de marcher, de digérer, et si je pense avec ma tête comme je prends avec mes mains. Non seulement le principe de ma pensée m’est inconnu, mais le principe de mes mouvements m’est également caché : je ne sais pourquoi j’existe. Cependant on me fait chaque jour des questions sur tous ces points; il faut répondre; je n’ai rien de bon à dire; je parle beaucoup, et je demeure confus et honteux de moi-même après avoir parlé.

« C’est bien pis quand on me demande si Brama a été produit par Vitsnou, ou s’ils sont tous deux éternels. Dieu m’est témoin que je n’en sais pas un mot, et il y paraît bien à mes réponses. « Ah! mon révérend père, me dit-on, apprenez-nous comment le mal inonde toute la terre. » Je suis aussi en peine que ceux qui me font cette question : Je leur dis quelquefois que tout est le mieux du monde; mais ceux qui ont été ruinés et mutilés à la guerre n’en croient rien, ni moi non plus : je me retire chez moi accablé de ma curiosité et de mon ignorance. Je lis nos anciens livres, et ils redoublent mes ténèbres. Je parle à mes compagnons : les uns me répondent qu’il faut jouir de la vie et se moquer des hommes; les autres croient savoir quelque chose, et se perdent dans des idées extravagantes; tout augmente le sentiment douloureux que j’éprouve. Je suis prêt quelquefois de tomber dans le désespoir, quand je songe qu’après toutes mes recherches je ne sais ni d’où je viens, ni ce que je suis, ni où j’irai, ni ce que je deviendrai. »

L’état de ce bon homme me fit une vraie peine: personne n’était ni plus raisonnable ni de meilleure foi que lui. Je conçus que plus il avait de lumières dans son entendement et de sensibilité dans son cœur, plus il était malheureux.

Je vis le même jour la vieille femme qui demeurait dans son voisinage : je lui demandai si elle avait jamais été affligée de ne savoir pas comment son âme était faite. Elle ne comprit seulement pas ma question : elle n’avait jamais réfléchi un seul moment de sa vie sur un seul des points qui tourmentaient le bramin; elle croyait aux métamorphoses de Vitsnou de tout son cœur, et, pourvu qu’elle pût avoir quelquefois de l’eau du Gange pour se laver, elle se croyait la plus heureuse des femmes.

Frappé du bonheur de cette pauvre créature, je revins à mon philosophe, et je lui dis: « N’êtes-vous pas honteux d’être malheureux dans le temps qu’à votre porte il y a un vieil automate qui ne pense à rien, et qui vit content? – Vous avez raison, me répondit-il; je me suis dit cent fois que je serais heureux si j’étais aussi sot que ma voisine, et cependant je ne voudrais pas d’un tel bonheur. »

Cette réponse de mon bramin me fit une plus grande impression que tout le reste; je m’examinai moi-même, et je vis qu’en effet je n’aurais pas voulu être heureux à condition d’être imbécile.

Je proposai la chose à des philosophes, et ils furent de mon avis. « Il y a pourtant, disais-je, une furieuse contradiction dans cette façon de penser. » car enfin de quoi s’agit-il? D’être heureux. Qu’importe d’avoir de l’esprit ou d’être sot? Il y a bien plus : ceux qui sont contents de leur être sont bien sûrs d’être contents; ceux qui raisonnent ne sont pas si sûrs de bien raisonner. Il est donc clair, disais-je, qu’il faudrait choisir de n’avoir pas le sens commun, pour peu que ce sens commun contribue à notre mal-être. » Tout le monde fut de mon avis, et cependant je ne trouvai personne qui voulût accepter le marché de devenir imbécile pour devenir content. De là je conclus que, si nous faisons cas du bonheur, nous faisons encore plus de cas de la raison.

Mais, après y avoir réfléchi, il paraît que de préférer la raison à la félicité, c’est être très insensé. Comment donc cette contradiction peut-elle s’expliquer? Comme toutes les autres. Il y a là de quoi parler beaucoup.

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16
sept

Podcast : Ces Idées qui Collent



Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 58:47 — 53.8MB)

Ce septième podcast est la chronique audio de Ces Idées qui collent, un excellent livre sur l’art de créer des messages qui adhèrent et font agir les personnes.

Voici le tableau dont je parle à la fin de la chronique :

Principes Message 1 Message 2 Message 3
Simplicité      
Inattendu      
Concret      
Crédibilité      
Émotion      
Histoire      

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06
août

Interview : Ludovic, 22 ans, autodidacte, 4 mois de travail par an



Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 38:38 — 35.4MB)

Ludovic, 22 ans, autodidacte, 4 mois de travail par an

J’ai eu la chance de rencontrer il y a peu Ludovic, qui a un parcours et un style de vie exceptionnel. Voici son interview, en podcast et sous forme écrite.

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Olivier: Bonjour et bienvenue, merci d’être avec nous, est-ce que tu vas bien?

Ludovic: Et bien nickel, et toi?

Olivier: Très bien merci. Est-ce que tu peux rapidement te présenter pour nos auditeur, nous dire qui tu es, ce que tu fais, etc.

Ludovic: Moi, c’est Ludovic, j’ai 22 ans. Je travaille dans le milieu du cinéma et de la publicité télé; notamment dans les effets spéciaux. Je supervise les effets spéciaux sur les tournages. Je fais ça depuis l’âge de 18 ans. J’aime mon métier, c’est ma passion; j’aime les filles et j’aime voyager.

Olivier: (rires) Donc tu dis que tu as commencé à18 ans, cela veut dire que tu as arrêté les études tôt pour te lancer dans ton métier.

Ludovic: Pour dire simplement que je n’ai même pas fait d’études en fait. J’ai simplement passé mon bac, ça c’est limité à ça. Je ne suis pas quelqu’un qui aime beaucoup les études, j’aime apprendre de moi-même.

Olivier: D’accord, est-ce que tu peux nous expliquer un peu ton parcours, parce qu’il me semble que tu as un parcours très intéressant. Aujourd’hui tu as 22 ans c’est ça?

Ludovic: C’est ça.

Olivier: Tu es un acteur reconnu dans ton domaine, je pense.

Ludovic: Plutôt.

Olivier: Et si j’ai bien compris, quand on s’est rencontrés, tu m’as dit que tu étais en vacances environ 8 mois par an.

Ludovic: Pour nuancer le terme de vacances, on dira plutôt que je ne travaille pas pendant environ 8 mois de l’année. Je travaille environ 4 mois dans une année.

Olivier: Voilà, quand tu dis 4 mois de l’année, ça veut dire que tu n’es pas obligé de travailler 8 mois de l’année pour vivre. Les 4 mois que tu travaille suffisent.

Ludovic: Exactement.

Olivier: Et tu n’as pas de diplôme à part le bac.

Ludovic: Et j’ai pas de diplôme à part le bac, que j’ai passé par obligations familiales. Je l’ai passé pour l’honneur.

Olivier: Alors c’est vraiment un parcours très intéressant. Est-ce que tu peux nous expliquer comment cela a commencé, comment t’es venu cette passion qui s’est développé pour le graphisme, pour les effets spéciaux et puis comment tu eu cette idée, cette envie d’arrêter l’école et puis de te lancer par toi-même?

Ludovic: En fait, tout simplement, je me suis découvert une passion très tôt, j’avais treize ans. C’était une passion pour le cinéma et j’ai eu ma première caméra, ça s’est déclenché comme ça. Et, à l’origine, j’étais déjà passionné de magie aussi. À un moment, le cinéma seul et la magie seule, il y avait quelque chose, j’avais envie de concilier les deux. Donc du coup pour en faire mon futur métier, je me suis dit pourquoi ne pas m’orienter vers les effets spéciaux qui sont en quelque sorte la magie du cinéma. J’étais issu d’un milieu qui n’était pas vraiment aisé financièrement donc je me suis trouvé des petits jobs quand j’avais environ 15 ans pour financer mon premier ordinateur. Je n’avais pas d’ordinateur avant. Et c’était vraiment mon premier investissement à but d’apprentissage. Je passais toutes mes nuits à apprendre de manière autodidacte, tout ce qui est la 3D, les effets spéciaux, les sites Internet. Et voilà, toutes les nuits à se coucher à 4 heures du mat’ et en se levant très tôt le matin pour faire ses devoirs et partir suivre le lycée la journée. C’est un peu comme ça que ça s’est déclenché au début. Et à 17 ans, j’ai créé mon premier site internet, sur lequel j’ai pu exposer mon créations etc..

Ludovic: J’ai tout de suite été contacté pour du travail que j’ai dû décliner parce que j’étais en terminale donc à l’époque, je devais passer mon bac. Dès que je l’ai passé, j’ai répondu positivement à des offres de travail dans le milieu des effets spéciaux; et voilà comment à 18 ans je me suis retrouvé là-dedans.

Olivier: C’est vraiment très intéressant, à 15 ans tu as entrepris toi-même des démarches, tu t’es dit "ok, c’est ça que je veux faire. Je n’ai pas d’ordinateur, donc ce que je vais faire c’est trouver du travail pour essayer de m’en payer un". C’est ça?

Ludovic: Exactement.

Olivier: C’est beau quand même, à 15 ans il y a quand même peu de personnes qui ont ce genre de démarches proactives de se dire "voilà mon objectif, voilà les obstacles, voilà les contraintes, il faut que j’agisse pour les dépasser".

Ludovic: C’est de la détermination. C’est ce dont je parle souvent, la détermination, la passion. C’est vraiment le moteur de tout ça. C’est quelque chose que je trouve que beaucoup de gens n’ont pas. Mais, c’est vraiment ce qui nous donne les directives dans notre vie quand on a des objectifs, des passions. Quand on a pas de but, d’objectif, on peut pas marquer de points. Moi, je pars vraiment de ce principe là. Et c’est grâce à cela que j’ai pu avancer, en me découvrant très tôt une passion et en me donnant à fond pour y arriver.

Olivier: Oui, et puis à la fois tu étudiais au lycée pour passer ton bac et à côté de ça tu apprenais par toi-même. C’est quand même un domaine qui n’est pas facile d’accès. Je pense qu’il y a des gens qui font des études pendant 4 ans, non?

Ludovic: Oui, c’est ça. Disons que tout simplement le fait d’être autodidacte ça m’est venu pour plusieurs raisons. Déjà le cursus classique c’est environ 3 à 5 années d’études pour arriver à ça. Des études qui sont chères, environ 7000 euros l’année. À l’époque, j’avais ni les moyens, ni l’envie de démarrer dans la vie avec des dettes. En plus je trouve que les écoles sont bien trop prétentieuses par rapport à l’enseignement fourni compte tenu de la somme déboursée pour accéder à cet enseignement. Donc si j’ai réussi, c’est vraiment pour 3 raisons: la détermination, la passion et la spécialisation. Faut dire que quand tu citais le fait que j’allais au lycée et que j’apprenais seul le soir, faut quand même avoir du courage pour pas traîner dans la médiocrité ambiante, dans l’apathie permanente des gens qui règnent autour de soi. On a vite fait de se faire entraîner là-dedans. Tout ça m’a vraiment rendu buté et ça m’a vraiment apporté de la détermination. La passion étant déjà là, il me restait plus que faire la spécialisation. Je me suis donc spécialisé de manière très pointue dans mon domaine, dans les effets spéciaux mais je ne vais pas rentrer dans les détails parce que ce n’est pas l’objet de cette interview.

Je travaille fréquemment avec des personnes qui sont diplômées. Mes observations sont quasiment identiques à chaque fois que je rencontre des gens qui sortent d’école ou qui sont stagiaires: ce sont des gens qui vivent dans l’assistanat. C’est à dire que dès qu’ils ont un problème il faut que ce soit résolu de manière scolaire. La grosse différence avec les autodidactes c’est qu’ils savent vraiment se débrouiller seuls.

Apprendre par soi-même, ça a l’avantage de pouvoir apprendre à son rythme, c’est pouvoir supprimer le superflu qu’on enseigne généralement dans les écoles pour vraiment se concentrer sur les parties importantes.

Olivier: Et qui sont directement applicables.

Ludovic: Oui, c’est ça, c’est ça. Garder l’essentiel. Ne pas se perdre mais optimiser son temps là-dessus.

Olivier: Et pour toi donc, la passion la détermination, mais aussi la rigueur que tu as eu. Comment tu faisais, tu ne regardais pas la télé?

Ludovic: Alors là, la télévision, c’était même pas imaginable, disons que le seul moment où je regardais un écran autre que celui de mon ordinateur, c’était pour aller au cinéma pour voir un peu les effets spéciaux et pouvoir admirer le travail des grands parmi lesquels je voulais être plus tard. Se priver vraiment pour se centrer sur le nécessaire ne m’empêchait pas d’avoir une vie sociale, d’avoir des amis.

Olivier: J’allais te le demander.

Ludovic: Certes, c’était peut-être plus réduit que les autres qui passaient leur temps à se faire des soirées alcoolisées, à fumer, sans avoir vraiment beaucoup de perspectives d’avenir. À l’inverse d’eux, j’avais des perspectives d’avenir, je me suis donné à fond en essayant de concilier ma vie sociale. Ce qui n’était pas toujours évident mais au final, ça a payé. Quand vois ce que je suis à l’heure actuelle, j’en suis heureux.

Olivier: J’imagine. Est-ce que tu pense que les autodidactes partagent cette passion qu’ils ont pour quelque chose, cette envie d’apprendre et puis cette détermination que tu as eu?

Ludovic: La plupart des autodidactes, je dirais que oui, parce qu’il faut vraiment avoir la détermination pour se dire, je vais apprendre tout seul, sans avoir quelqu’un derrière soi pour vous dire "c’est bien, c’est pas bien, fais comme-ci, fais comme ça". Quand on est autodidacte, on a qu’un seul moyen pour apprendre, c’est apprendre de ses erreurs. Quand on est capable de reconnaître son erreur, de mettre son ego de côté et d’accepter qu’on a fait une erreur et de tirer une leçon de cette erreur-là, c’est un gros effort qu’on doit faire sur soi. Et je pense que oui, beaucoup d’autodidactes ont cette mentalité-là.

C’est pour ça que je pense qu’il y a plus d’autodidactes qui réussissent dans un domaine spécialisé que de gens sortant d’un cursus purement scolaire.

Olivier: Tu nous as dit qu’ à 18 ans tu avais déjà des propositions d’emploi via ton site web. Est-ce que tu peux nous dire un peu plus pour savoir ce qu’il s’est passé après?

Ludovic: Disons que j’avais 17 ans que j’ai reçu une dizaine de propositions d’emploi, que j’ai dû toutes décliner.

Olivier: Une dizaine? Donc ton site était beaucoup visité, c’était un site qui avait beaucoup de succès.

Ludovic: Il était relativement visité parce que je créais des images déjà assez spécialisées à l’époque qui était dans l’air du temps. L’image est aussi sujette à des effets de mode. J’étais vraiment dans l’air du temps, je faisais des choses qui plaisaient beaucoup à l’époque et qui étaient beaucoup recherchées. L’avantage, c’est que quand j’ai fait mon site, je ne mettait absolument pas mon âge dessus. Les gens ne savaient pas si j’avais 13 ans ou si j’en avais 35. donc les gens ne voyaient que le travail effectué, et ça, c’était vraiment bénéfique parce que si je m’était pointé avec ma petite tête de minet en train de montrer mes images, quand bien même mes images auraient été belles, les gens n’y auraient pas prêté beaucoup d’attention. Les gens se seraient dit "bon il a 17 ans, il apprend des trucs tout seul dans sa chambre, il fait des trucs pas mal, mais il va manquer de passé, d’expérience". Tandis que là, on voyait juste mon travail, juste ce que je faisais et ça a fait un gros buzz à l’époque. Malheureusement mon site n’est plus en ligne, parce que je voulais arrêter de recevoir des propositions d’emploi et optimiser mon temps libre. Mais le milieu du cinéma est assez petit et à force de refuser des propositions, ce n’est pas toujours très bien vu. Maintenant, je ne fonctionne vraiment qu’au bouche à oreille.

Olivier: Tu as commencé en tant que salarié? Comment cela s’est passé au début?

Ludovic: Non, j’ai jamais été salarié, j’étais intermittent du spectacle dès le début. Intermittent du spectacle, c’est un statut très particulier, il faut avoir fait un certain nombre d’heures travaillées afin de pouvoir accéder à des indemnités par la suite lorsqu’on ne travaille pas. Attention, quand on ne travaille pas et la période de vacances, c’est bien à dissocier. Quand je travaille, je suis payé, quand je ne travaille pas, je reçois une indemnisation et lorsque je suis en vacances, je ne touche absolument rien. C’est comme de l’entreprenariat, si je veux gagner de l’argent je dois faire quelque chose. C’est un statut très précaire. Mais ça m’apporte une liberté énorme concernant mon emploi du temps et ma gestion de ce temps. Moi je le perçois vraiment comme tel: mon temps c’est ma ressource la plus précieuse. Je n’ai jamais voulu être l’esclave d’un petit chef dans un bureau avec 5 semaines de congé par an. Jamais je n‘aurai pu accepter quelque chose pareil.

Olivier: C’est là qu’on voit que tu as vraiment un démarche d’entrepreneur puisque beaucoup d’entrepreneurs ont un peu ce dégoût du travail salarié classique, d’être – ce que tu as très bien décrit – le larbin d’un petit chef dans un bureau. Bon, c’est sans doute un peu caricatural, mais l’idée c’est vraiment de se construire sa propre vie, sa propre liberté par son travail, par son talent. Pour revenir au statut d’intermittent du spectacle, je pense que ça peu intéresser nos auditeurs, juridiquement c’est une structure qui ressemble à une entreprise? Comment ça fonctionne en fait? Quelles sont les conditions pour devenir intermittent du spectacle ?

Ludovic: Les conditions, c’est déjà de travailler dans le domaine du spectacle. Que ce soit dans le domaine audiovisuel, ou le domaine du spectacle tel que le théâtre, les acteurs ou dans les effets spéciaux. Cela peut-être aussi des musiciens, des chanteurs, des acteurs également. Tous les domaines touchant le spectacle, l’événementiel, le cinéma, l’audiovisuel, la publicité mais ne pas confondre avec celle des agences de communication, attention là ça ne rentre pas dans le domaine de l’intermittence du spectacle. Il y a deux sortes de statuts, soit free-lance, soit intermittent. Bon les deux se valent parce que si on est free-lance on est payé de manière brute, on a pas d’indemnisation lorsque l’on ne travaille pas. Quand on est intermittent, on est payé de manière nette et on a quelques indemnisations lorsqu’on ne travaille pas. Encore une fois, il faut bien nuancer avec les périodes de vacances où l’on ne touche rien du tout. Mais il faut pouvoir travailler suffisamment pour s’assurer de pouvoir avoir quelque chose les mois où l’on ne touche absolument rien, et que l’on puisse toujours vivre avec le niveau de vie actuel.

Olivier: Donc quand tu dis que tu ne travaille pas pendant 8 mois par an, tu es payé pendant ces 8 mois?

Ludovic: Pendant ces 8 mois-là, je ne suis pas payé tous les mois. C’est à dire que si officiellement, je suis en vacances, je ne touche absolument rien. Si je suis à la recherche d’un emploi, si je suis toujours dans le circuit mais sans travailler officiellement, j’ai un système d’indemnisation qui est égal environ à la moitié de ce que j’ai pu toucher en travaillant. Mais je peux pas donner plus de détails au niveau des chiffres parce que tous les projets sont différents. Dans notre métier on est payé à la journée. on a un tarif journalier qui n’est jamais le même. Il peut varier du simple au double, voire au triple suivant le projet, suivant le budget qui est versé au projet, suivant la durée de la production. Donc, on peut avoir des salaires très aléatoires, pour te donner une fourchette on peut avoir un salaire allant de 2500 à 5000 euros. En même temps, ça dépend ce qu’on fait, quand on est acteur, on est pas payé la même chose que quand on travaille dans les effets spéciaux. Et si on veut bénéficier de ce statut, il faut justifier de 507 heures de travail. À raison de 8 heures par jour, ça nous fait environ trois mois et demi de travail sur 20 jours ouvrables. Si ‘l’on justifie de ces 507 heures de travail dans le domaine du spectacle, on a accès au statut d’intermittent du spectacle.

Olivier: Avec tous les avantages que tu nous as indiqué.

Ludovic: Avec les avantages… Disons que tout le monde n’en vit pas bien de ce statut, alors ça c’est une précision qu’il est intéressant d’apporter. Tout le monde n’en vit pas bien dans le sens où ce n’est pas évident pour toutes les professions de bénéficier de ces 507 heures de travail. Ce n’est pas évident pour tout le monde. Pour les personnes qui n’ont pas les mêmes spécialités que moi… par exemple pour ma part, ce n’est pas très difficile de les avoir, ça dépende les années, ça dépend les budgets, ça dépend de plein de choses. Mais il y a des gens, notamment quand on voit les intermittents du spectacle en train de manifester dans la rue, crois-moi que si ils manifestent c’est parce qu’ils sont vraiment dans le besoin. C’est parce qu’il ont vraiment du mal à compléter leur heures et joindre les deux bouts. Donc, ce n’est pas évident pour tous. Encore une fois, on a beau être intermittent, si on a pas concrètement le réseau ou le temps qui va derrière pour avoir des clients, pour avoir des projets, vous aurez beau avoir le statut, au bout de huit mois, le statut vous l’aurez plus. et ce sera fini.

Olivier: C’est un bon statut à condition d’avoir le nombre d’heures suffisantes et, effectivement, il faut comme dans les entreprises, avoir une spécialité qui soit demandée et puis travailler, se battre, pour se faire connaître et avoir un réseau.

Ludovic: C’est pour ça que ça se rapproche beaucoup du statut d’entrepreneur dans le sens où ce n’est pas un statut qui est acquis à vie, il faut continuer à travailler pour entretenir ce statut, tout comme quand on est entrepreneur pour son chiffre d’affaires, pour continuer à faire tourner la boîte, la faire connaître, prospecter de nouveaux clients. Cela marche de la même façon. Donc on ne peut pas espérer avoir ce statut là et se reposer sur ses lauriers pendant 20 ans, non; ça ne fonctionne pas comme ça non plus.

Olivier: Est-ce que tu as choisi ta spécialisation par rapport au fait qu’elle était demandée dans le marché ou bien parce que c’est ce qui te plaisait le plus ?

Ludovic: Pour moi ce qui est important, c’est quand même faire ce qui nous passionne. Parce que faire un métier qui nous passionne pas, juste parce que c’est bien payé, ou juste parce que le statut peut être avantageux dans certains cas, c’est un casse-gueule monumental. Avant toute chose, toujours se concentrer sur la chose dans laquelle on s’épanouit le plus, trouve ce qui nous passionne vraiment. Et, à partir de là, trouver le moyen de s’épanouir aussi financièrement dans cette spécialité là. Donc se spécialiser par rapport à ce qu’on aime et le reste viendra généralement si on sait se débrouiller un petit peu.

Olivier: Très bon conseil. Tu nous disais tout à l’heure que tu as préféré arrêter ton site parce que tu avais trop de demande de gens qui voulaient travailler avec toi. Est-ce que tu peux nous parler de ton style de vie, de ce que tu fais de ton temps libre?

Ludovic: Alors mon style de vie, pour résumer en deux phrases, je suis revenu de Lisbonne il y a quatre jours, avant j’étais à Miami et à Los Angeles. Je suis allé à Prague, à Rome, à Vienne, au Bahamas, tout ça en moins de 8 mois.

Olivier: Tu voyages.

Ludovic: Donc mon style de vie se résume à du voyage, profiter de mon temps libre intelligemment parce que avoir du temps libre juste pour être apathique et attendre que le temps passe, c’est pas du tout constructif. Profiter de mon temps libre intelligemment, notamment en lisant pour toujours apprendre, toujours être dans cette démarche d’apprentissage. Quand on est autodidacte, je suis persuadé que c’est à vie. On n’est pas autodidacte pour apprendre un métier et en ensuite quand on a le rôle pour soi, tout arrêter. Quand on a vraiment une démarche de quelqu’un qui aime accomplir, qui aime avoir des objectifs, on peut pas lâcher ça du jour au lendemain. C’est toujours la même démarche. Donc j’utilise toujours ce temps libre pour mon développement personnel, sur le business, j’apprend plus sur ce plan là.

Olivier: Tu voyage, tu apprend, tu te dépasse sans cesse. Tu as vraiment la démarche d’un entrepreneur autodidacte que je partage d’ailleurs complètement. Et tu as fait ça rapidement de mettre ton site off-line parce que tu avais trop de demandes?

Ludovic: Je l’ai fait au bout d’un an et demi. Parce que au bout d’un an, j’ai fait un concours d’effets spéciaux et j’ai eu beaucoup de succès dans ce concours, dans le sens où je suis arrivé premier. Et là ça a été encore pire, si on peut dire pire, c’était génial tout le monde parlait de moi, donc mon nom à commencé à être très connu dans mon domaine. À partir de là, j’ai décidé de mettre mon site off pour ne pas continuer à faire grossir le phénomène. C’est un choix, j’aurais pu tomber dans l’inverse. Ce que 99% des gens auraient fait, je pense, continuer sur ce buzz là pour se faire connaître encore plus. Pour travailler dans des boîtes encore plus grosses, pour finir dans les plus grosses boîtes américaines pour faire les plus beaux effets spéciaux au monde. Mais c’était pas ce que je voulais parce que je suis avant tout un artiste dans mon domaine et j’ai pas envie de finir juste petit maillon dans une chaîne d’une grosse, grosse, grosse boite américaine même pour bosser sur les plus gros projets au monde. J’avais pas du tout envie de ça et pas du tout envie d’être enfermé dans des locaux et travailler, travailler sans but précis, parce qu’au final travailler ça deviens juste une bonne une excuse pour tuer le temps pour la plupart des gens, et j’avais vraiment pas envie de finir dans ce cliché là.

Olivier: Cela a été un choix difficile pour toi quand tu as décidé d’arrêter ce site?

Ludovic: Pas du tout.

Olivier: Pas du tout? Pour toi ça coulait de source, c’était vraiment ce que tu voulais.

Ludovic: Voilà. j’étais pas contre le fait d’être reconnu pour ce que je faisais, ça m’a fait beaucoup plaisir, faut dire ce qui est. Maintenant, je voulais pas que ça aille plus loin au niveau professionnel, c’était un choix que j’ai pris, que je ne regrette absolument pas. Quand je regarde la vie que j’ai à l’heure actuelle, je ne la changerai pour rien au monde.

Olivier: C’est vraiment impressionnant de voir que tu avais 19 ans et demi quand tu as arrêté ton site, c’est ça?

Ludovic: C’est ça oui.

Olivier: Qu’à cet âge là tu avais une vision si précise de ce que tu voulais. Que tu n’hésitais pas à aller dans ce sens là et à prendre les actions nécessaires pour le faire, alors que 99% ne l’auraient pas fait comme tu le dis. D’ailleurs, moi quand j’ai créé mon entreprise, je me suis jeté dedans à corps perdu, comme beaucoup d’entrepreneurs, mais j’ai mis beaucoup plus de temps que toi à réaliser que travailler 10 heures par jour, 75 heures par semaine, c’était peut être pas la meilleure façon d’avoir une vie heureuse et équilibrée. Et moi, personnellement, j’ai lu un livre qui m’a ouvert les yeux, c’est La semaine de 4 heures. Est-ce que l’a lu toi?

Ludovic: Excellent livre. Je pense que c’est un livre qui bouleverse vraiment toutes les fausses croyances dans le domaine de la productivité et de la consommation. J’ai vraiment la même vision que l’auteur tient dans son ouvrage. Je pense que tu es mieux calé que moi pour en parler de ce livre, vu qu’on en a déjà parlé tous les deux. Mais ça représente vraiment mon état d’esprit au point de vue professionnel.

Olivier: Tu l’as lu il y a combien de temps?

Ludovic: Il y a un an à peu près, il y a peut-être un an, oui.

Olivier: Quand tu l’as lu, tu as eu l’impression de lire une sorte de manuel que tu avais déjà décodé, non ?

Ludovic: J’ai eu l’impression de lire ce que j’aurai pu écrire potentiellement, ça m’a vraiment impressionné de voir ce genre de livre là que je n’avais jamais lu auparavant. Ce genre de mentalité là appliqué au monde professionnel. Je n’avais pas une vision aussi précise que l’auteur. Disons, que ce livre m’a quand même apporté certaines choses. Il a confirmé, déjà dans un premier temps, ma vision du temps libre et de la productivité, d’ailleurs il l’a complètement appuyé. Moi, c’est vraiment un livre que je recommande aux gens qui sont un peu victimisés sur le plan professionnel notamment et sur le plan personnel au niveau du temps libre. Et vraiment, je pense que pour les gens qui se sentent concernés pour agir, si vous voulez vraiment, ce livre pourra vraiment vous aider à changer.

Olivier: Oui, je pense que pour le coup, c’est vraiment le genre de livre qui peut changer une vie. Je l’ai lu il y un an et demi, et à peu près tout ce que je fais aujourd’hui découle des réflexions que j’ai eu après avoir lu ce livre. Je ne l’ai pas encore chroniqué sur mon blog, mais ça ne va pas tarder. Est-ce qu’il t’a apporté quelque chose quand même, étant donné ton style de vie?

Ludovic: Oui, concrètement, oui. Ce qu’il m’a apporté, c’est qu’il m’a confirmé ma vision du temps libre et de la productivité. C’est vraiment un guide pour moi dans ce sens là. Après toute la partie business, quand il parle de business automatisé, la démarche est très bien après je n’adhère pas forcément au style de business qu’il propose qui est ce qu’on appelle du "dropshipping". Bon après chacun fait ce qu’il veut. Il y a différents moyens de devenir riche, de s’épanouir financièrement sans être obligés d’opter pour la solution qu’il nous propose. Disons que sa vision de la production, de sa gestion du temps libre, savoir ce qu’on veut dans la vie, se débarrasser de ces envies de possession matérielle pour optimiser les choses qu’on aimerait être ou qu’on aimerait faire plutôt que les choses qu’on aimerait forcément avoir, ça c’est quelque chose de très bon, dans le sens où on a quand même une éducation, que ce soit à l’américaine ou à l’européenne, qui nous force à vouloir avoir des choses, toujours avoir, avoir, avoir. Mais posséder pourquoi, dans quel but? Voilà, ça nous ouvre pas mal les yeux là-dessus et disons que je me suis senti un peu moins seul. Voilà j’ai lu ce livre et j’ai l’impression que mon mode de vie est un peu mieux compris à l’heure actuelle.

Olivier: En tant qu’autodidacte, est-ce que les livres ont une importance pour toi, est-ce que tu les utilise pour apprendre?

Ludovic: Ils ont vraiment une importance capitale. Mon métier quand je l’ai appris, je l’ai pas du tout appris dans les livres. Je l’ai appris beaucoup sur internet. Grâce à des forums d’entre-aide, il y avait déjà un réseau assez développé là dessus qui m’a permis de m’épanouir là-dedans. Maintenant les livres que je suis persuadé que c’est là qu’on peut tirer un maximum d’informations avec internet. C’est vraiment les deux supports sur lesquels on peut se former seul et c’est également ce que je continue à faire dans le domaine du développement personnel, dans le domaine du business également.

Olivier: Tu m’as dit que tu t’es lancé dans le Personal MBA.

Ludovic: Exactement.

Olivier: Et tu as lu beaucoup de livres du Personal MBA ?

Ludovic: Oui, j’ai déjà lu pas mal de livres, je saurais pas de dire combien j’en ai lu. Je trouve que la sélection est vraiment bonne contrairement à ce qu’on peut trouver sur d’autres sites, je les ai vraiment trouver bons pour la plupart, après il y en a toujours un ou deux qui nous séduisent un peu moins. Bon, peut être parce qu’on connaît un peu le contenu. On est peut-être déjà un peu spécialisés sur le contenu pour vraiment en tirer quelque chose de positif. Mais disons qu’à 90% les livres m’ont vraiment apporté une vision, si c’est pas forcément du concret applicable, m’ont apporté une vision, m’ont donné une nouvelle dimension au niveau de la réflexion sur le thème du business, vu que c’est de ça dont parlent les livres du Personal MBA. Donc, vraiment une bonne sélection que je recommande à tous ceux qui veulent se lancer dans l’entreprenariat, qui veulent se lancer dans le monde du business, ou ne serait-ce même que par culture générale. On peut lire simplement un livre de chaque catégorie et avoir un excellent aperçu de ce qui est présenté dans ce programme là. Le Personal MBA résume totalement ma façon de voir les choses par rapport aux prix des écoles. Par rapport à beaucoup de chose. Des écoles qui sont hors de prix. Qui sont très difficilement accessibles pour beaucoup de gens. Et même, pour passer un MBA, je m’avance un peu je crois, mais je pense que si on a 18 ans et qu’on sort juste d’un bac même si on a l’argent pour se le payer, je crois qu’on ne peut pas le faire. Je crois qu’il faut déjà un certain nombre d’années d’études pour y avoir accès, donc ce n’est pas forcément évident pour tout le monde. Pourquoi pas? Si on peut avoir accès à cet enseignement pour bien moins cher, seulement le prix des livres et vous pouvez les avoir pour moins cher si vous les achetez d’occasion.

Olivier: On peut même les emprunter en bibliothèque pour ceux qui ont été traduits en français.

Ludovic: Pour ceux qui n’ont pas été traduits en français, si jamais vous avez un ami ou deux qui font la même chose que vous qui ont envie de s’avancer dans le même programme, rien ne vous empêche d’acheter divers livres et de vous les prêter les uns les autres pour diviser le budget par deux, voire par trois.

Olivier: Oui, c’est une excellente idée.

Ludovic: Vraiment, je suis persuadé que les connaissances, la culture à notre époque peut vraiment être accessible, gratuitement pour ce qui est d’ internet, et quasiment gratuitement pour ce qui est des livres. Ce que vous apporteront les plus livres plus que ce que peut vous apporter internet, c’est le fait qu’ils soient extrêmement spécialisés sur un thème, sur un sujet et que si le livre a été publié, c’est que généralement, l’auteur connaissait son sujet et qu’il était reconnu comme tel. Vous serez donc sûr de trouver du contenu relativement intéressant. Sur internet, vous pourrez tomber très facilement sur des copier-coller d’autres sites, d’autres blogs, ce qui n’empêchera pas que vous trouverez aussi du bon contenu mais peut-être un peu moins fiable, peut-être plus à prend à la légère que ce que vous pourrez trouver concrètement dans un livre, qui vous apportera peut-être aussi une démarche pour appliquer ce que vous pourrez lire.

Olivier: Oui, je suis entièrement d’accord, pour moi, les livres sont le moyen le moins cher à notre disposition pour avoir accès aux meilleurs cerveaux du monde, et de toutes les époques en plus. Est-ce que aujourd’hui, tu as d’autres activités, autres projets à part ton métier de graphiste dans les effets spéciaux?

Ludovic: Alors oui, j’ai d’autres activités. Je suis notamment coach en séduction. Je coach les gens à devenir plus attirants aux yeux des femmes, à avoir plus de confiance en eux. C’est très axé sur le développement personnel. Je coach notamment des hommes pour devenir plus attirants aux yeux des femmes en améliorant leur charisme et leur attitude de leader qui sont des choses très attirantes aux yeux des femmes. Comme je dis toujours, en résumé, "pour séduire les femmes de vos rêves, devenez d’abord l’homme de vos rêves. Voilà en gros ce qui résume ma seconde profession si on peut appeler ça profession. Sinon au niveau des projets immédiats, c’est résumé aussi dans "la semaine de 4 heures", c’est créer un business automatisé me permettant de générer des revenus quand je suis en vacances aux quatre coins du monde.

Olivier: Donc tu as ce projet-là aujourd’hui?

Ludovic: Oui, vraiment, quand je dis automatisé, le but c’est de m’en occuper le minimum possible. Donc optimiser ses revenus sans sacrifier sa vie et son temps libre.

Olivier: Très bien, tu peux peut-être nous dire avec qui tu travaille en tant que coach de séduction?

Ludovic: Oui, la société s’appelle lifestyle-conseil.com. Je travaille avec Alexandre, donc cette société présente du coaching en séduction, du relooking et donc du coaching charisme et leadership. On organise divers événements, notamment cet été comme l’an dernier qui s’appelait "la villa", donc pendant deux semaines, on avait loué une villa dans le but de faire du coaching en séduction pendant ces deux semaines. Donc 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, les clients vivaient avec nous, 6 clients par semaines. Dans le but de faire des séminaires la journée, d’apprendre beaucoup de théorie et le soir de le mettre en pratique par des sorties pour vraiment mettre en pratique tout ça avec les femmes et améliorer les interactions sociales de tout le monde. Voilà en gros la société avec laquelle je travaille et qu’on développe à l’heure actuelle.

Olivier: Très bien, nos lecteurs pourront s’il sont intéressés visiter le site lifestyle-conseil.com. Et en savoir un peu plus à ce sujet. Je pense qu’on a eu de bons conseils, idées et partage d’expérience. Est-ce que pour finir tu aurais des conseils pour ceux qui voudraient se lancer dans leur propre activité, peut-être en free-lance, intermittent du spectacle ou lancer leur entreprise. Et puis surtout atteindre un style de vie identique au tiens; c’est à dire focalisé sur le style de vie plutôt que le travail et l’enrichissement matériel.

Ludovic: Et bien en conseil, ce sera vraiment concis mais simple. Je parlais de détermination tout à l’heure, je dirais soyez déterminés et surtout donnez-vous à fond. Tentez et dites-vous "au pire, qu’est-ce qui peux arriver?". Qu’est-ce qui peut arriver si vous tentez? et posez-vous la question "qu’est-ce qui peut arriver si vous ne tentez pas?" Si vous tentez pas il risque d’y avoir plus de choses négatives que si vous tentez et si vous échouez. Si vous ne tentez pas vous resterez toujours au même niveau. Si vous tentez et que vous échouez, vous resterez au même niveau. Si vous tentez et que ça fonctionne, vous irez plus loin.

Donc toujours tenter, donnez vous à fond et soyez déterminé. comprenez que gagner 10000 euros par mois et ne plus avoir de vie, c’est pas mieux que 2000 euros par mois et profiter de la vie et de votre temps libre. Personnellement je ne recherche pas du tout l’épanouissement dans un joujou pour adulte comme le désir de posséder une grosse voiture de sport mais plutôt dans l’épanouissement de mes activités extra-professionnelles. Voilà en gros le conseil que je pourrais donner à tout le monde.

Olivier: Et bien, ce sont des super conseils que je partage totalement. Merci Ludovic d’avoir été avec nous.

Ludovic: Écoute, c’était un plaisir.

Olivier: Merci et peut-être à bientôt pour de nouvelles aventures!

 

Ressources dont nous parlons dans l’interview :

- Lifestyle Conseil, la société dans laquelle Ludovic propose du coaching en séduction, en charisme et en leadership.

- La semaine de 4 heures, livre de Timothy Ferris que je vous recommande fortement.

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03
juil

Podcast : Comment se faire des amis



Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 47:47 — 43.7MB)

Ce cinquième podcast est la chronique audio de l’excellent Comment se faire des amis, un livre vraiment facile à lire, simple d’accès, et qui introduit pourtant un changement de perspective qui change complètement la vie. En tout cas c’est ce qui s’est produit pour moi : la gestion de l’égo des autres n’était clairement pas mon fort, et même si je suis encore loin d’être parfait, je pense avoir fait des progrès considérables juste en prenant conscience avec une grande clarté de son importance chez tous les êtres humains et des diverses choses enseignées dans ce livre.

Bref, c’est selon moi un des rares livres qui change immédiatement et durablement notre vision du monde, sans efforts surhumains pour appliquer son contenu (même si bien sûr il est recommandé d’appliquer les principes dès que vous le pouvez et que l’occasion se présente).

Vous pouvez écouter ce podcast en live en cliquant sur le bouton Play en haut, téléchargez le MP3 en cliquant sur Download, ou le récupérer dans iTunes directement.

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14
mai

Podcast : 10 raisons pour lesquelles vous ne devriez pas être salarié



Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 47:16 — 43.3MB)

 

Pour ce quatrième podcast, je vous donne 10 raisons pour lesquelles être un employé n’est vraiment le statut idéal pour vivre une vie libre, heureuse et épanouie, et j’insiste sur les formes d’aliénation que peuvent représenter le travail salarié. Je présente la création d’entreprise – avec une approche de business et pas technicienne – comme une bonne solution à cette aliénation qui consiste à croire que l’on doit passer du temps pour gagner de l’argent.

A la fin, je donne un exemple de business model qui peut être lancé avec des frais minimes sur Internet aujourd’hui, et explique son caractère automatisé à presque 100%.

Vous pouvez écouter ce podcast en live en cliquant sur le bouton Play en haut, téléchargez le MP3 en cliquant sur Download, ou le récupérer dans iTunes directement.

Livres dont je parle dans le podcast :

  • De la brièveté de la vie de Sénèque, qui parle de l’affairement dans lequel la plupart des personnes se débattent afin de se donner l’impression de vivre. Elles sont semblables à un navire qui dérive au large du port pendant une tempête, alors qu’un autre fait toute voile fait son port de destination : l’un est beaucoup secoué, l’autre a beaucoup vécu.

Vous pouvez lire ce livre gratuitement sur Wikisource ou l’acheter pour moins de 2,50 € sur Amazon :

 
Vous pouvez aussi en lire un extrait tout en faisant un test de vitesse de lecture sur ce blog.
 
  • La Semaine de 4 heures de Timothy Ferris, qui vous donne des pistes, méthodes et astuces pour libérer votre temps, créer vos business automatisés sur Internet, et parcourir le monde.

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  • The E-Myth Revisited de Michael E. Gerber, qui explique de manière brillante pourquoi la plupart des créateurs d’entreprise ont une approche biaisée dès le départ en adoptant une approche technicienne de leur entreprise, et comment y remédier avec de nombreuses méthodes et astuces pour automatiser un business offline.

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  • Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau, qui raconte l’expérience de deux ans de ce philosophe Américain qui partit dans une cabane dans les bois, non loin de Walden, pour vivre une vie simple et proche de la nature.

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05
mar

Podcast : Chronique de The Path of Least Resistance



Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 1:13:38 — 67.4MB)

Pour ce troisième podcast, je vous propose la chronique du livre The Path of Least Resistance – Apprendre à Devenir la Force Créative de Votre Propre Vie.

Des dix livres de la catégorie Productivité & Efficacité du Personal MBA – qui comprend aussi des livres sur la créativité – c’est l’un de ceux qui m’ont le plus frappés, au point que je le place dans le top 3 des meilleurs de cette catégorie, si ce n’est le meilleur.

C’est néanmoins, sans doute, le livre le plus difficile à lire de la catégorie tant il est dense, complexe, touffu, bourré de jargons et de nombreuses redites. J’espère que ce podcast vous permettra de vous familiariser en douceur avec les concepts de ce livre :) .

Écouter le podcast en live, lancez tout simplement le lecteur au dessus de ce post.

Pour télécharger le MP3, cliquez sur « Download » juste au dessous.

Le podcast est également disponible sur iTunes, ceux qui souhaitent s’y abonner gratuitement peuvent le faire ici (nécessite iTunes installé sur votre ordinateur).

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PS : si vous ne savez pas ce qu’est un podcast ni comment l’utiliser, je vous invite à lire ces deux articles qui vous expliqueront tout à leur sujet :

  • Des milliers d’émissions gratuites sur tous les sujets grâce aux Podcasts
  • Comment s’abonner à des podcasts à partir de sites web

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28
jan

Podcast : Proactivité, Responsabilisation et Crise



Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 36:30 — 33.4MB)

Ce podcast est un complément à mon article La Crise : Pourquoi Elle ne me Touche PAS – Et Pourquoi Elle VOUS Affecte, mais il peut aussi s’écouter indépendamment ;) .

J’y aborde les notions de proactivité et de responsabilisation en les expliquant, et donne des pistes pour les utiliser en ces temps de crise afin de garder son optimiste, et agir pour toujours tirer son épingle du jeu.

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Le podcast est également disponible sur iTunes, ceux qui souhaitent s’y abonner gratuitement peuvent le faire ici (nécessite iTunes installé sur votre ordinateur).

Ressources dont je parle dans le podcast :

  • Vidéo de Nick Vujicic :

  • Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent
  • Zorba le grec
  • Podcast : Chronique de Lead the Field

Acheter Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent sur Amazon :

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PS : Étonnamment, je me trouve moins bon dans ce deuxième podcast que dans le premier.  Sujet plus difficile et moins bonne forme peut-être. Mais je ne me fais pas de souci, ça va rentrer, c’est en forgeant qu’on… ;)

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04
jan

Podcast : Chronique de Lead the Field



Podcast: Lire dans une autre fenêtre | Télécharger (Durée: 30:08 — 27.6MB)

Image Podcasts Des Livres pour Changer de Vie

Chers lecteurs, j’inaugure avec ce post mon premier podcast, qui est la chronique audio de Lead The Field, un excellent livre de développement personnel qui m’a vraiment accroché.

Pourquoi un podcast ? Hé bien je pense aux plus pressés d’entre vous qui n’ont pas le temps de lire les chroniques en entier ou même des les lire tout court. Vous pourrez grâce aux podcasts de Des Livres pour Changer de Vie écouter les résumés des meilleurs livres de business, de développement personnel, d’organisation, de communication, etc. dans vos déplacements en voiture, métro, train ou tout ce que vous voulez et découvrir ainsi le meilleur contenu de livres exceptionnels qui pourront changer votre vie. Je pense vraiment qu’écouter des podcasts pendant nos temps de déplacement est un de meilleurs moyens de gagner du temps tous les jours.

C’est mon tout premier, je vous demande donc d’être indulgent ;) . Tout commentaires et feedbacks seront très appréciés.

Pour Écouter le podcast en live, lancez tout simplement le lecteur au dessus de ce post.

Pour télécharger le MP3, cliquez sur « Download » juste au dessous.

PS : si vous ne savez pas ce qu’est un podcast ni comment l’utiliser, je vous invite à lire ces deux articles qui vous expliqueront tout à leur sujet :

  • Des milliers d’émissions gratuites sur tous les sujets grâce aux Podcasts
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gravatarBienvenue sur mon blog spécialisé dans des livres rares, des livres exigeants qui ont tous une énorme qualité : ils peuvent vous faire changer de vie. Ces livres ont fait l’objet d’une sélection rigoureuse, je les ai tous lus et choisis parmi des centaines d’autres.

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